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Hypnose et claustrophobie : sortir de la peur des espaces clos

Vous prenez l'escalier plutôt que l'ascenseur. Vous avez décalé cet IRM deux fois. La claustrophobie ne fait pas de bruit : elle rétrécit doucement le périmètre de votre vie. Voici ce que l'hypnose peut y faire, et ce qu'elle ne peut pas.

Par Claudie Duval-Duvivier Publié le 7 min de lecture

Personne ne dit « je suis claustrophobe » à son employeur. On dit qu’on préfère marcher, que l’escalier fait du bien, qu’on aime conduire. La claustrophobie avance masquée, et c’est précisément ce qui la rend coûteuse : elle ne provoque pas de crise spectaculaire, elle organise silencieusement des renoncements.

Un ascenseur évité, ce n’est rien. Six étages tous les jours pendant quinze ans, c’est autre chose. Un IRM reporté, ce n’est qu’un rendez-vous décalé. Reporté trois fois, c’est un diagnostic qui attend.

Voici ce que la claustrophobie coûte réellement, pourquoi le raisonnement n’en vient pas à bout, et ce que l’hypnose peut travailler.

Le coût réel, celui qu’on ne compte jamais

Au cabinet, je demande rarement « de quoi avez-vous peur ». Je demande plutôt ce que vous ne faites plus.

La liste est presque toujours la même, et elle est plus longue que ce que les personnes imaginent en s’asseyant. L’ascenseur, d’abord, remplacé par l’escalier, y compris quand on porte des courses ou qu’on arrive en retard. Le métro et le RER, contournés par des trajets en voiture deux fois plus longs, avec le stationnement et le prix qui vont avec. Le tunnel sous la Manche, écarté au profit du bateau. Les places au milieu d’une rangée au cinéma ou au théâtre, jamais réservées : il faut le bout de rang, près de la sortie.

Puis viennent les renoncements plus intimes, ceux dont on ne parle à personne. Le siège du milieu à l’arrière d’une voiture. La cabine d’essayage. Le scanner du dentiste. Une IRM. Une coloscopie sous sédation. Un ferry avec cabine intérieure. Un séminaire professionnel dans une salle en sous-sol sans fenêtre.

Chaque évitement pris isolément paraît raisonnable. On se raconte une préférence, pas une peur. C’est l’addition qui trahit : à force de contourner, le périmètre de vie rétrécit, et il rétrécit du côté du travail, des soins et des relations.

Il y a un dernier coût, plus discret encore. L’anticipation. Le collègue vous annonce une réunion au dernier étage, et votre semaine est déjà entamée par un calcul silencieux : y aura-t-il un escalier accessible, faudra-t-il expliquer, faudra-t-il mentir. Cette fatigue-là ne se voit pas non plus.

L’IRM, l’examen qu’on repousse et qu’on ne devrait pas repousser

C’est le motif qui m’amène le plus souvent des personnes claustrophobes, et c’est le plus sérieux.

Une IRM classique, c’est un tube étroit, un bruit fort et répétitif, une immobilité imposée pendant vingt à quarante minutes, parfois davantage. Pour une personne claustrophobe, la description seule suffit à déclencher la réaction. Résultat : l’examen est reporté, puis reporté encore, puis annulé. Ou bien il est commencé et interrompu au bout de deux minutes, ce qui est vécu comme un échec humiliant et rend la tentative suivante plus difficile.

Le problème n’est pas la peur. Le problème est qu’un IRM est prescrit pour une raison. Repousser l’examen, c’est repousser le diagnostic, et parfois le traitement. Je le dis sans détour à toutes les personnes que je reçois pour ce motif : on ne renonce pas à un examen médical prescrit. Jamais. On cherche un moyen de le passer.

Ce moyen n’est pas forcément moi, et c’est important que vous le sachiez.

Parlez d’abord au service de radiologie. Signalez votre claustrophobie au moment de la prise de rendez-vous, pas le jour même dans le vestiaire. Plusieurs solutions existent selon les centres : les appareils dits ouverts ou à large tunnel, un positionnement pieds en premier quand la zone examinée le permet, la présence d’un proche dans la salle, un casque audio, un miroir orientable. Un anesthésiste ou un radiologue peut aussi proposer une prémédication légère, voire une sédation dans les cas les plus difficiles. Ce sont des réponses médicales, elles sont légitimes, et elles existent précisément pour des situations comme la vôtre.

L’hypnose vient en complément de tout cela, pas à la place. Ce qu’elle permet, quand elle fonctionne, c’est d’arriver à l’examen avec autre chose qu’une réaction de fuite : une respiration installée, une manière d’occuper mentalement ces trente minutes, un point d’appui à retrouver quand le bruit commence.

Une seule condition, et elle est pratique : il faut s’y prendre avant. Un accompagnement se prépare, il ne s’improvise pas la veille. Dès que la date de l’examen est posée, prenez rendez-vous. Deux à trois semaines de marge sont un confort réel. La veille au soir, il est trop tard pour faire un vrai travail.

Ce que l’hypnose travaille dans la claustrophobie

Vous savez déjà qu’il n’y a aucun danger dans un ascenseur. Vous le savez parfaitement, et cela ne change rien. C’est précisément ce qui rend la claustrophobie si épuisante : votre raisonnement et votre corps ne sont pas du même avis, et c’est le corps qui gagne.

Une phobie ne se loge pas dans le raisonnement. Elle se joue plus bas, dans une réaction automatique du corps : le cœur qui accélère, la gorge qui se serre, la respiration qui se raccourcit, l’impulsion de sortir. Cette réaction se déclenche avant toute réflexion. C’est pour cela que se raisonner ne fonctionne pas, et que les proches qui vous font remarquer qu’il n’y a objectivement aucun danger n’aident absolument pas.

L’hypnose ne s’adresse pas à votre logique, parce que votre logique n’a jamais été le problème. Elle s’adresse à l’automatisme.

Concrètement, le travail suit trois axes. D’abord, un temps d’entretien : quelles situations exactement, depuis quand, et souvent, s’il y en a un, l’épisode déclencheur. Il n’est pas toujours retrouvé, et ce n’est pas grave. Ensuite, en état d’hypnose, une réassociation : le corps réapprend une autre réponse que l’alerte, dans la situation redoutée, imaginée en séance. Enfin, un ancrage : un geste, une respiration, une image, quelque chose de simple que vous pouvez rappeler seul dans l’ascenseur ou dans le tube de l’IRM.

Si vous ne savez pas à quoi ressemble cet état, je décris tout le déroulé dans mon article sur comment se passe une séance d’hypnose. Vous restez conscient, vous m’entendez, et vous pouvez interrompre à tout moment. Ce point rassure particulièrement les personnes claustrophobes, qui redoutent souvent, à tort, de se sentir enfermées dans la séance elle-même.

Le mécanisme est proche de celui que je décris pour la peur de l’avion, avec une différence : l’avion se prend quelques fois par an, l’ascenseur se croise tous les jours.

Pour une phobie ciblée, comptez généralement deux à quatre séances. Les résultats varient selon les personnes, et l’objectif réaliste n’est pas l’absence totale d’appréhension. C’est de rendre la situation praticable.

Ce que disent les études, sans exagérer

Je préfère être honnête sur le niveau de preuve, car beaucoup de sites ne le sont pas.

Le rapport de l’Inserm publié en 2015, Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose, reconnaît un intérêt réel de l’hypnose dans deux indications solides : le syndrome de l’intestin irritable, et l’accompagnement de l’anesthésie et des gestes médicaux douloureux ou anxiogènes. Ailleurs, il conclut que le niveau de preuve reste limité, faute d’études de qualité suffisante.

C’est important de lire cela correctement. Le point le plus solide, ici, n’est pas une preuve d’efficacité sur les phobies : sur ce terrain, les données restent minces. Le point le plus solide, c’est l’accompagnement d’un acte médical, ce qui est exactement la situation d’un IRM redouté. Ce rapprochement est encourageant, il ne vaut pas démonstration.

Autrement dit : ce que je constate au cabinet depuis 2017 relève de mon expérience de praticienne. Je ne vous vendrai pas une certitude que la science n’a pas encore établie.

Quand la peur relève d’abord d’un accompagnement psychologique

Il y a des situations où je ne suis pas la bonne porte, et je préfère le dire tout de suite.

Si la claustrophobie s’accompagne d’un mal-être plus large, si elle vous empêche de travailler, si elle s’est étendue à des situations de plus en plus nombreuses, ou si elle s’accompagne d’un état anxieux permanent, elle relève d’abord d’un psychologue ou d’un psychiatre. Les thérapies cognitivo-comportementales ont fait leurs preuves sur les phobies, avec un niveau de preuve supérieur à celui de l’hypnose. Ne vous en privez pas par principe.

Parlez-en à votre médecin traitant. Vous trouverez également des repères fiables sur le site de la Haute Autorité de Santé. Et si votre difficulté tient davantage à une anxiété de fond qu’aux espaces clos eux-mêmes, l’article sur ce que disent les études au sujet de l’hypnose et de l’anxiété vous éclairera mieux que celui-ci.

L’hypnose est un accompagnement complémentaire. Elle ne remplace ni un suivi psychologique, ni un avis médical.

Se faire accompagner à Bernay, à domicile ou en visio

Si votre claustrophobie tient dans un périmètre identifiable, l’ascenseur, le tunnel, le métro, l’IRM à venir, un accompagnement court a du sens.

Je reçois au cabinet, 7 rue Bernard Gombert à Bernay. La première séance dure 1h30 et coûte 70 euros, les séances suivantes une heure pour 65 euros, au même tarif à domicile dans un rayon de dix kilomètres ou en visio partout en France. Comptez généralement deux à quatre séances pour une phobie ciblée.

Si un examen d’imagerie approche, ne perdez pas de temps : prévenez le service de radiologie, et prenez rendez-vous suffisamment tôt pour que le travail ait le temps de se faire. Le détail de mon approche des peurs se trouve sur la page consacrée aux peurs et phobies, et vous pouvez aussi me contacter directement pour en parler cinq minutes au téléphone.

Questions fréquentes

Combien de séances faut-il pour une claustrophobie ? +

Le plus souvent deux à quatre séances, quand la peur est bien circonscrite aux espaces clos. Une claustrophobie ancienne, ou installée dans un contexte anxieux plus large, peut demander davantage. Personne ne peut vous annoncer un chiffre exact à l'avance, et je me méfie des praticiens qui le font.

J'ai un IRM dans dix jours, est-ce que c'est jouable ? +

C'est court, mais ce n'est pas perdu. Une à deux séances permettent souvent d'aborder l'examen autrement, avec des repères concrets à utiliser dans la machine. Prévenez aussi le service de radiologie : il existe des solutions médicales, comme une prémédication légère ou un appareil ouvert. L'hypnose n'est pas votre seul recours.

L'hypnose peut-elle faire disparaître complètement la peur ? +

L'objectif réaliste n'est pas de supprimer toute appréhension, mais de faire baisser la réaction du corps assez pour que la situation redevienne praticable. Beaucoup de personnes gardent un léger inconfort dans un ascenseur, et le prennent quand même. C'est déjà un changement de vie considérable. Les résultats varient selon les personnes.

Faut-il en parler à mon médecin ? +

Oui, surtout si la peur vous empêche de passer un examen prescrit, ou si elle s'accompagne d'un mal-être plus général. Une phobie très invalidante relève d'abord d'une prise en charge psychologique. L'hypnose est un accompagnement complémentaire, jamais un substitut à un avis médical.

Une séance en visio peut-elle convenir pour cette peur ? +

Oui. Le travail sur la claustrophobie ne demande aucune exposition réelle pendant la séance, tout se joue par l'imaginaire et par la respiration. La visio fonctionne donc bien, au même tarif. Certaines personnes préfèrent malgré tout le cabinet pour la première rencontre.

Claudie Duval-Duvivier, hypnothérapeute à Bernay

À propos de l'auteure

Claudie Duval-Duvivier est hypnothérapeute à Bernay, dans l'Eure, depuis 2017. Maitre Praticien en hypnose, formée à sept méthodes complémentaires, elle accompagne enfants, adolescents, adultes et seniors sur les troubles anxieux, le sommeil, les addictions, la confiance en soi et la libération émotionnelle.

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