Aller au contenu principal

Hypnose contre l'anxiété : ce que disent vraiment les études

Sur l'anxiété, l'hypnose est souvent présentée comme une évidence. La réalité scientifique est plus nuancée, et beaucoup moins vendeuse. Voici ce que la recherche établit, ce qu'elle ne permet pas d'affirmer, et ce que je peux honnêtement vous proposer.

Par Claudie Duval-Duvivier Publié le 8 min de lecture

L’anxiété est l’un des trois motifs les plus fréquents au cabinet. C’est aussi le sujet sur lequel je lis le plus d’affirmations excessives. « L’hypnose soigne l’anxiété », « efficacité démontrée », « résultats spectaculaires ». Je ne peux pas écrire cela, parce que ce n’est pas ce que montre la littérature scientifique.

Cet article est un état des lieux honnête. Ce que le rapport de l’Inserm dit réellement. Ce que les études ne permettent pas de conclure. La différence, essentielle, entre une anxiété passagère et un trouble anxieux caractérisé. Et ce que l’hypnose travaille concrètement, quand elle a sa place. Vous n’y trouverez aucun taux de réussite, pour une raison simple : je ne citerai pas un chiffre dont je ne suis pas certaine.

Anxiété passagère, anxiété chronique, trouble anxieux : trois choses différentes

Le mot « anxiété » recouvre des réalités qui n’ont ni la même gravité, ni la même prise en charge. Les confondre est la première erreur, et elle est fréquente.

L’anxiété passagère est une réaction normale, et même utile. Avant un examen, un entretien, une prise de parole, votre organisme se mobilise. Le cœur accélère, l’attention se resserre. Cette anxiété-là ne relève d’aucun soin. Elle disparaît avec la situation qui l’a provoquée.

L’anxiété chronique est autre chose. La tension ne redescend plus. Vous vivez avec une boule au ventre permanente, des ruminations qui tournent, une vigilance qui ne se coupe jamais. Le corps finit par payer : mâchoires serrées, dos noué, digestion perturbée, sommeil dégradé. Ce n’est pas nécessairement une maladie, mais c’est une usure réelle, et c’est souvent à ce stade que les personnes poussent la porte de mon cabinet.

Le trouble anxieux caractérisé est un diagnostic médical. Il en existe plusieurs : trouble anxieux généralisé, trouble panique, anxiété sociale, entre autres. L’anxiété y devient durable, disproportionnée par rapport aux situations, et elle entrave la vie quotidienne. L’Organisation mondiale de la santé range les troubles anxieux parmi les troubles mentaux les plus répandus dans le monde. Ils sont fréquemment associés à une dépression, ce qui change encore la prise en charge.

Cette troisième catégorie ne se diagnostique pas au cabinet d’un hypnothérapeute. Elle se diagnostique chez un médecin, un psychiatre ou un psychologue clinicien. La Haute Autorité de Santé publie des recommandations pour ces prises en charge, et elles ne reposent pas sur l’hypnose. Je le dis d’emblée, parce que la suite de cet article n’a de sens que si ce point est clair.

Ce que dit réellement le rapport de l’Inserm de 2015

C’est le document que tout le monde cite et que peu de gens ont lu. Il mérite mieux que les résumés qu’on en fait.

En 2015, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale a publié une évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose. Il s’agit d’une revue de la littérature scientifique existante, c’est-à-dire d’un travail de recensement et d’analyse des études publiées, pas d’une expérimentation nouvelle. Le rapport complet reste consultable : Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose.

Ses conclusions tiennent en deux temps.

Premier temps, les indications retenues. Le rapport identifie un intérêt réel de l’hypnose dans le syndrome de l’intestin irritable, aussi appelé colopathie fonctionnelle, et dans l’accompagnement de l’anesthésie, ce que l’on nomme hypnosédation. Ce sont les deux domaines où les données disponibles paraissent les plus solides.

Second temps, tout le reste. Pour les autres indications, et l’anxiété en fait partie, le rapport conclut à un niveau de preuve limité. Attention au sens de cette formule. Elle ne signifie pas que l’hypnose a été testée et jugée inefficace. Elle signifie que les études disponibles ne permettent pas de trancher : elles sont trop peu nombreuses, portent sur des effectifs restreints, utilisent des protocoles hétérogènes, et souffrent souvent de faiblesses méthodologiques.

Il faut ajouter une difficulté propre à ce champ. En pharmacologie, on compare un médicament à un placebo, et ni le patient ni le médecin ne savent qui reçoit quoi. Avec l’hypnose, cette mise en aveugle est presque impossible : on sait toujours si l’on a reçu une séance d’hypnose ou non. Construire un comparateur crédible relève du casse-tête, et cela pèse mécaniquement sur la qualité des preuves que ce champ peut produire.

Autrement dit, l’absence de preuve n’est pas la preuve d’une absence d’effet. Mais elle interdit d’affirmer quoi que ce soit de tranché.

Ce que les études ne permettent pas de dire

Voici la liste des phrases que vous lirez ailleurs et que la littérature ne soutient pas. Je préfère vous les donner franchement, y compris quand cela dessert ma propre activité.

Les études ne permettent pas de dire que l’hypnose soigne l’anxiété. Le verbe « soigner » suppose une démonstration qui n’existe pas à ce jour.

Elles ne permettent d’annoncer aucun taux de réussite. Quand un site avance un pourcentage d’efficacité sur l’anxiété, demandez-vous d’où sort ce chiffre. Le plus souvent, il ne repose sur rien de vérifiable, ou il provient d’une étude minuscule dont on tait les limites.

Elles ne permettent pas de placer l’hypnose au même niveau qu’une psychothérapie validée ou qu’un traitement médicamenteux. Ce sont des objets différents, et les données ne les mettent pas sur un pied d’égalité.

Elles ne permettent pas de prédire un nombre de séances. Personne ne peut vous dire à l’avance combien il en faudra, moi comprise.

Elles ne permettent pas d’affirmer que cela fonctionne pour tout le monde. Les résultats varient selon les personnes, et certaines ne constatent rien.

Ce que l’on peut raisonnablement dire, en revanche, c’est que les séances sont en général bien tolérées quand elles sont conduites par un praticien formé. Cela ne veut pas dire qu’elles sont anodines. Un travail hypnotique peut réactiver des souvenirs douloureux ou une bouffée d’angoisse pendant la séance. C’est rare, mais cela existe, et cela s’accompagne. Les contre-indications, elles, sont sérieuses et je les évoque plus loin.

Sur la manière de repérer un praticien qui surinterprète les études, j’ai détaillé les signaux d’alerte dans mon article sur le choix d’un hypnothérapeute. La promesse de résultat en fait partie.

Ce que l’hypnose contre l’anxiété travaille concrètement

Passons de ce que dit la science à ce qui se passe réellement dans une séance. Je change ici de registre, et je vous le signale : ce qui suit relève de ma pratique de praticienne, pas d’une démonstration scientifique. Mon expérience comporte des biais évidents, à commencer par celui-ci : les personnes qui reviennent me voir sont celles pour qui cela fonctionne.

L’hypnose ne s’attaque pas à « l’anxiété » en bloc. Elle travaille sur trois leviers, et c’est plus concret que cela n’en a l’air.

Faire redescendre le niveau de tension du corps

Une personne anxieuse depuis des années a souvent oublié la sensation physique du calme. Son système nerveux fonctionne en alerte permanente, et cet état est devenu sa norme. La séance installe volontairement un état de détente profonde, et le corps en refait l’expérience. Répétée, cette expérience devient plus facile à retrouver. Je vous apprends souvent à la rappeler seul, entre les séances, par un geste ou une respiration.

Désamorcer les déclencheurs

L’anxiété se cristallise sur des situations précises : un open space, une réunion, un trajet, un appel téléphonique, une confrontation. Nous identifions ces déclencheurs, puis nous travaillons la charge émotionnelle qui leur est associée, pour qu’ils perdent en intensité. Précision utile : je parle ici de situations anxiogènes ordinaires. Les phobies spécifiques et les crises d’angoisse aiguës obéissent à des mécanismes un peu différents, et ils feront l’objet d’articles dédiés.

Sortir de la boucle des ruminations

C’est souvent la plainte principale. Les pensées tournent, surtout le soir, surtout la nuit. Le travail hypnotique cherche à interrompre cette boucle plutôt qu’à la combattre de front, ce qui ne marche jamais. Quand l’anxiété a fini par abîmer le sommeil, ce qui est très fréquent, j’aborde ce point spécifique dans mon article sur l’hypnose pour mieux dormir.

Le choix de la méthode se fait pendant l’entretien. Avec les personnes très anxieuses, j’utilise volontiers l’hypnose Sajece, une approche particulièrement douce, ou l’hypnose ericksonienne, qui travaille par métaphores plutôt que par consignes directes. Si vous ignorez à quoi ressemble une séance, le déroulé complet est décrit dans comment se passe une séance d’hypnose.

Ce que l’hypnose ne remplacera jamais

Ce paragraphe est le plus important de l’article, et c’est celui que la plupart des sites d’hypnothérapeutes n’écrivent pas.

Un trouble anxieux généralisé, un trouble panique, une dépression, un état de stress post-traumatique relèvent d’un médecin, d’un psychiatre ou d’un psychologue. Pas d’un hypnothérapeute seul. L’hypnose est un accompagnement complémentaire. Elle ne se substitue ni à un suivi psychiatrique, ni à une psychothérapie, ni à un traitement.

Je ne vous demanderai jamais d’arrêter un traitement, ni de le diminuer, ni d’espacer les prises. Cette décision appartient exclusivement au médecin qui vous l’a prescrit. Un anxiolytique ou un antidépresseur ne s’interrompt pas sur les conseils d’un praticien non médecin, et un arrêt brutal peut être dangereux. Si votre traitement vous pèse, dites-le à votre médecin, pas à moi.

Certaines situations sont des contre-indications nettes. Les troubles dissociatifs et les troubles psychotiques en font partie. Dans ces cas, je n’accompagne pas seule, et j’oriente. Si des idées noires apparaissent, il faut en parler à un médecin sans attendre : ce n’est pas un sujet que l’on remet à la séance suivante.

Je refuse des personnes. Cela arrive plusieurs fois par an. C’est parfois mal reçu, y compris quand la personne insiste et me dit qu’elle a déjà tout essayé. Je le fais quand même, parce qu’accepter serait lui faire perdre du temps sur un soin dont elle a réellement besoin.

Se faire accompagner à Bernay, ou en visio

Si votre anxiété relève de ce que j’ai décrit plus haut, une tension installée, des ruminations, un corps qui ne redescend plus, l’hypnose peut vous aider. Je ne vous promets rien de plus que cela, et rien de moins.

La première séance dure 1h30 et coûte 70 euros, les séances suivantes une heure pour 65 euros, au cabinet comme à domicile ou en visio. Je compte généralement trois à cinq séances, avec cette réserve que j’ai déjà posée : ce n’est pas une prédiction. Le détail figure sur la page des tarifs.

Je reçois au cabinet, 7 rue Bernard Gombert à Bernay. Je me déplace à domicile dans un rayon de dix kilomètres. Et je travaille aussi en visio, partout en France, ce qui convient bien aux personnes que le fait de se déplacer angoisse déjà.

Le déroulé complet, les mécanismes et les questions fréquentes sur ce motif sont rassemblés sur ma page consacrée à la gestion du stress et de l’anxiété.

Et si vous hésitez encore, appelez-moi. Cinq minutes au téléphone suffisent souvent à savoir si je suis la bonne personne, ou si je dois vous orienter ailleurs. Vous pouvez aussi me contacter directement.

Questions fréquentes

L'efficacité de l'hypnose sur l'anxiété est-elle scientifiquement prouvée ? +

Non, pas au sens strict. Le rapport de l'Inserm publié en 2015 retient un intérêt réel de l'hypnose dans le syndrome de l'intestin irritable et en accompagnement de l'anesthésie. Sur l'anxiété, il conclut à un niveau de preuve limité, faute d'études de qualité méthodologique suffisante. Cela ne signifie pas que l'hypnose est inutile, mais que la démonstration reste à faire.

L'hypnose peut-elle remplacer mon traitement anxiolytique ? +

Non, et je ne vous le proposerai jamais. Un traitement se modifie uniquement sur décision du médecin qui l'a prescrit, jamais sur celle d'un hypnothérapeute. L'hypnose vient en complément d'un suivi médical, pas à sa place. Si votre traitement vous pèse, la bonne personne à qui en parler est votre médecin, pas moi.

Quelle est la différence entre être anxieux et avoir un trouble anxieux ? +

L'anxiété est une réaction normale face à une situation qui vous met en tension. Le trouble anxieux est un diagnostic médical : l'anxiété devient durable, disproportionnée, et entrave la vie quotidienne. Seul un médecin ou un psychiatre peut poser ce diagnostic. Si vous vous reconnaissez dans cette description, consultez avant d'envisager quoi que ce soit d'autre.

Combien de séances faut-il pour apaiser une anxiété ? +

Je compte généralement trois à cinq séances, mais je ne peux pas vous l'annoncer à l'avance avec certitude. Cela dépend de l'ancienneté de l'anxiété, de ce qui l'entretient, et de votre situation. Un praticien qui vous promet un résultat en un nombre défini de rendez-vous vous vend une certitude qu'il n'a pas.

Y a-t-il des situations où vous refusez d'accompagner en hypnose ? +

Oui. Certains troubles psychiatriques, notamment les troubles dissociatifs et les troubles psychotiques, constituent des contre-indications. Une dépression sévère ou des idées noires relèvent d'un médecin, sans délai. Dans ces situations, je n'accompagne pas seule et je vous oriente. C'est une règle que je ne contourne jamais, y compris quand la personne insiste.

Claudie Duval-Duvivier, hypnothérapeute à Bernay

À propos de l'auteure

Claudie Duval-Duvivier est hypnothérapeute à Bernay, dans l'Eure, depuis 2017. Maitre Praticien en hypnose, formée à sept méthodes complémentaires, elle accompagne enfants, adolescents, adultes et seniors sur les troubles anxieux, le sommeil, les addictions, la confiance en soi et la libération émotionnelle.

Lire sa bio complète →

À lire aussi

← Tous les articles

Prêt à franchir le pas ?

La prise de rendez-vous se fait en ligne sur Crénolibre, 24h/24. Si vous préférez en parler par téléphone avant, je vous réponds personnellement.