L'hypnose est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?
La question revient à presque chaque premier rendez-vous, et la réponse tient en un mot : non. Voici ce qui est pris en charge, ce qui ne l'est pas, et comment interroger votre mutuelle avant de réserver plutôt qu'après.
Vous êtes sur le point de prendre rendez-vous, et une question vous retient : allez-vous récupérer une partie de ce que vous payez ? Autant vous la donner tout de suite, cette réponse, plutôt que de la cacher au dernier paragraphe.
Une séance chez un hypnothérapeute qui n’est pas médecin n’est pas remboursée par l’Assurance maladie. Pas de carte Vitale, pas de feuille de soins, pas de tiers payant. Il existe une nuance, une seule, du côté de l’hypnose pratiquée à l’hôpital ou au cabinet dentaire. Reste la mutuelle, qui participe parfois, sous conditions, et à condition de le demander avant. Voici comment vérifier, précisément, sans y passer votre après-midi.
L’hypnose est-elle remboursée ? Non, et voici pourquoi
L’Assurance maladie ne rembourse pas tout ce qui fait du bien. Elle rembourse des actes inscrits sur des listes officielles, réalisés par des professionnels de santé reconnus comme tels. L’hypnothérapie exercée par un praticien non médecin ne figure sur aucune de ces listes.
La raison est en amont. En France, hypnothérapeute n’est pas une profession de santé réglementée. Il n’existe ni diplôme d’État, ni ordre professionnel, ni numéro d’inscription au répertoire des professionnels de santé. Sans cadre officiel, il ne peut pas y avoir de tarif conventionné, donc pas de remboursement. Ce point mérite d’être connu pour une autre raison encore, moins financière : il rend la vérification du praticien indispensable, et j’ai consacré un article entier à la façon de choisir son hypnothérapeute.
Concrètement, cela signifie trois choses. Vous réglez l’intégralité de la séance à la fin du rendez-vous. Je n’établis aucune feuille de soins et je ne télétransmets rien. Aucun courrier de votre médecin, aucune ordonnance, aucune recommandation d’un spécialiste ne déclenchera un remboursement par l’Assurance maladie. Ce n’est pas une question de justificatif manquant, c’est une question de cadre. Vous trouverez les règles générales de prise en charge sur le site de l’Assurance maladie.
Je préfère que ce soit dit franchement, dès le départ. Un praticien qui laisse planer le doute sur un remboursement possible vous laisse construire un budget sur du vide.
L’hypnose médicale : la nuance qui explique la confusion
Si vous avez lu quelque part que l’hypnose est prise en charge, vous n’avez pas rêvé. Vous avez simplement lu autre chose.
Quand un médecin, un chirurgien-dentiste ou une sage-femme utilise l’hypnose pendant un acte de soin, la situation change de nature. On parle par exemple d’hypnoanalgésie, c’est-à-dire l’usage de l’hypnose pour réduire la douleur ou l’anxiété pendant un geste médical, en accompagnement d’une anesthésie, d’un soin dentaire ou d’un accouchement. Dans ce cas, c’est l’acte médical lui-même qui suit son propre régime de remboursement. L’hypnose n’est pas facturée à part : elle fait partie de la façon dont le professionnel de santé réalise son geste.
Le rapport de l’Inserm publié en 2015, Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose, relève d’ailleurs un intérêt réel de l’hypnose en accompagnement de l’anesthésie, tout en soulignant que le niveau de preuve reste limité dans beaucoup d’autres indications. C’est en partie ce qui explique la place prise par l’hypnose à l’hôpital, et la confusion qui en découle dans l’esprit du public.
Je ne suis ni médecin, ni dentiste, ni sage-femme. Je suis hypnothérapeute, formée à l’hypnose Sajece, à l’hypnose ericksonienne et à l’hypnose spirituelle et symbolique, et je pratique en cabinet, pas dans un bloc opératoire. Mon travail relève de l’accompagnement, jamais du soin médical. C’est une distinction que je tiens à rappeler, parce qu’elle ne concerne pas que le remboursement : elle définit aussi ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire.
Les mutuelles : parfois, sous conditions, jamais par défaut
C’est du côté de votre complémentaire santé que quelque chose est possible. Prudence, cependant, sur ce qui suit.
Certaines mutuelles proposent un forfait dédié aux médecines douces, parfois appelé médecines alternatives, médecines complémentaires ou thérapies non conventionnelles selon les contrats. Ce forfait peut couvrir quelques séances par an, le plus souvent avec un plafond annuel. Beaucoup d’autres mutuelles ne prennent strictement rien en charge, et il faut le dire aussi clairement.
Vous ne trouverez ici aucun nom de mutuelle, aucun montant, aucun pourcentage. Ce serait vous rendre un mauvais service. Ces conditions varient d’un contrat à l’autre, y compris entre deux formules de la même compagnie, et elles changent d’une année sur l’autre. Une information exacte aujourd’hui serait fausse dans six mois, et vous la découvririez au pire moment, en recevant votre décompte.
Quelques constantes, tout de même. La prise en charge, quand elle existe, est presque toujours forfaitaire et plafonnée. Vous avancez systématiquement les frais : il n’y a pas de tiers payant chez un hypnothérapeute. Et certaines mutuelles conditionnent leur participation à la qualité du praticien, en exigeant par exemple qu’il figure sur une liste ou qu’il justifie d’une certification précise. C’est leur droit, et cela peut aboutir à un refus alors même que votre contrat mentionne un forfait.
Ma position est simple : considérez par défaut que la séance est à votre charge. Si votre mutuelle participe, tant mieux, ce sera une bonne surprise. Ne bâtissez pas votre décision sur un remboursement que vous n’avez pas encore obtenu par écrit.
La marche à suivre, avant de prendre rendez-vous
Voici la démarche, dans l’ordre. Elle prend une vingtaine de minutes, une fois pour toutes.
1. Relisez votre tableau de garanties
Ouvrez votre espace assuré en ligne, ou le tableau de garanties reçu à la signature. Cherchez les mots médecines douces, médecines alternatives, médecines complémentaires, ou parfois bien-être. Si aucune de ces lignes n’existe, la réponse est probablement non, et vous venez de gagner du temps.
2. Posez la question exacte, pas une question vague
Demander « remboursez-vous l’hypnose ? » vous exposera à une réponse floue. Posez plutôt celle-ci, mot pour mot : « prenez-vous en charge des séances d’hypnose chez un praticien non médecin ? » Enchaînez avec trois précisions utiles : combien de séances par an, quel plafond, et quelles pièces justificatives sont exigées.
3. Exigez une réponse écrite
Un accord donné oralement au téléphone ne vaut rien le jour du remboursement, et vous n’aurez rien à opposer en cas de refus. Passez par la messagerie de votre espace assuré, ou par courriel. Conservez la réponse. Si la démarche vous semble opaque, le site service-public.fr recense vos droits et les recours possibles face à une complémentaire santé.
4. Demandez si un accord préalable est nécessaire
Certaines mutuelles veulent être informées avant les séances, parfois avec un courrier du médecin traitant. Un dossier envoyé après coup peut être refusé pour ce seul motif. Réglez ce point avant de venir, pas après.
5. Réclamez la facture
Je fournis une facture sur demande, après la séance. Elle porte mon identité, mon numéro de SIRET, la date du rendez-vous, la nature de la prestation et la somme réglée. C’est le document que votre mutuelle vous demandera.
Un mot sur l’intitulé, puisque la question m’est posée. Ma facture indique une séance d’hypnose, parce que c’est ce qui a eu lieu. Elle ne portera jamais la mention d’un acte médical, d’une consultation ou d’un soin que je n’ai pas réalisé. Ce n’est pas de la rigidité administrative : une fausse mention vous exposerait, vous, au moins autant que moi.
En pratique, au cabinet à Bernay
Puisque la séance reste à votre charge dans la plupart des cas, vous avez le droit de savoir exactement ce que vous engagez, sans mauvaise surprise.
La première séance d’hypnose dure 1h30 et coûte 70 euros, les séances suivantes une heure pour 65 euros, au cabinet du 7 rue Bernard Gombert à Bernay, à votre domicile dans un rayon de dix kilomètres, ou en visio partout en France, au même tarif. L’arrêt du tabac et la perte de poids suivent un autre format : une première séance de trois heures à 130 euros, puis un suivi d’une heure à 65 euros. Une séance d’Access Bars® coûte 70 euros pour environ une heure et demie. L’hypnose spirituelle et symbolique se pratique en 1 h 30 à 95 euros, ou en 2 h 30 à 135 euros. Pour les enfants de 4 à 12 ans, la séance d’une heure est à 50 euros, et à 65 euros au-delà de 12 ans. Le règlement se fait en fin de séance, en espèces, par chèque, par Wero ou par PayPal, et l’ensemble des prestations figure sur la page tarifs.
Comptez le plus souvent trois à cinq séances selon le motif, ce qui pèse davantage sur votre budget que la question du remboursement. C’est pourquoi je préfère vous dire, dès le premier rendez-vous, si je pense pouvoir vous être utile, et vous orienter ailleurs si ce n’est pas le cas. Ce que contient une séance et la façon dont je travaille sont décrits sur la page séance d’hypnose, et le déroulé complet dans mon article sur comment se passe une séance d’hypnose.
Si un point reste flou, sur les tarifs, sur la facture ou sur ce que votre mutuelle vous a répondu, écrivez-moi ou appelez-moi. Je réponds volontiers avant que vous ne preniez rendez-vous, et cela ne vous engage à rien.
Questions fréquentes
Ma carte Vitale sert-elle à quelque chose pour une séance d'hypnose ? +
Non. Je ne suis pas médecin, je n'établis pas de feuille de soins et je ne suis reliée à aucun télétransmetteur. Vous réglez la séance en fin de rendez-vous, en espèces, par chèque, par Wero ou par PayPal. Je vous remets une facture sur simple demande, que vous pouvez ensuite transmettre à votre complémentaire santé si elle accepte ce type de prestation.
Une ordonnance de mon médecin change-t-elle quelque chose ? +
Pas du côté de l'Assurance maladie. Une lettre ou une ordonnance ne rend pas remboursable un acte qui ne figure pas sur les listes officielles. En revanche, certaines mutuelles réclament un courrier du médecin traitant dans le dossier de prise en charge. Demandez à la vôtre si ce document est exigé, et faites-le établir avant la première séance.
Ma mutuelle rembourse-t-elle les séances d'hypnose ? +
Peut-être, peut-être pas. Certaines complémentaires prévoient un forfait consacré aux médecines douces qui peut couvrir quelques séances par an, souvent plafonné. Beaucoup ne prennent rien en charge. La seule façon de savoir est de poser la question à votre mutuelle, avant de réserver, et d'obtenir sa réponse par écrit.
Pourquoi l'hypnose à l'hôpital semble-t-elle remboursée ? +
Parce que ce n'est pas la même situation. Quand un médecin, un dentiste ou une sage-femme utilise l'hypnose pendant un soin, c'est l'acte médical qui suit son propre régime de remboursement, pas l'hypnose considérée à part. Une séance chez un hypnothérapeute non médecin, comme moi, ne relève pas de ce cadre.
Fournissez-vous une facture après la séance ? +
Oui, sur demande. Elle indique mon identité, mon numéro de SIRET, la date, la nature de la prestation et le montant que vous avez réglé. Elle ne mentionnera jamais un acte que je n'ai pas réalisé, ni un intitulé médical qui n'est pas le mien. Une facture de complaisance vous exposerait autant qu'elle m'exposerait.
À propos de l'auteure
Claudie Duval-Duvivier est hypnothérapeute à Bernay, dans l'Eure, depuis 2017. Maitre Praticien en hypnose, formée à sept méthodes complémentaires, elle accompagne enfants, adolescents, adultes et seniors sur les troubles anxieux, le sommeil, les addictions, la confiance en soi et la libération émotionnelle.
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