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Arrêter de fumer avec l'hypnose : la méthode en 2 séances

Vous avez déjà arrêté, parfois longtemps, et vous avez repris. Ce n'est ni un manque de volonté ni un manque d'information. C'est un automatisme, et c'est précisément sur lui que l'hypnose travaille. Voici comment, et jusqu'où.

Par Claudie Duval-Duvivier Publié le 7 min de lecture

Vous avez déjà arrêté. Une semaine, trois mois, deux ans peut-être. Puis un soir de contrariété, une cigarette, et tout est revenu comme avant. Ce n’est pas un défaut de caractère. Ce n’est pas non plus un manque d’information : aucun fumeur n’ignore ce que le tabac fait à ses poumons.

Ce qui résiste, c’est autre chose. C’est un automatisme, construit sur des dizaines de milliers de répétitions, installé dans les moments les plus ordinaires de vos journées.

Cet article explique comment cet automatisme fonctionne, ce que l’hypnose vient y faire, ce qu’elle ne fait pas, et comment se déroulent les deux séances que je propose au cabinet à Bernay.

Pourquoi la volonté seule échoue si souvent

Fumer, ce n’est pas une chose, c’est deux choses qui se sont soudées.

Il y a d’un côté la dépendance physique à la nicotine. Elle est réelle, elle a une chimie, et elle produit un syndrome de sevrage bien identifié : irritabilité, envies impérieuses, sommeil perturbé, difficulté à se concentrer. Elle est surtout intense dans les premiers jours et décroît ensuite sur quelques semaines.

Il y a de l’autre côté l’automatisme. Et c’est lui qu’on sous-estime toujours.

Si vous fumez quinze cigarettes par jour depuis vingt ans, votre main a fait ce geste plus de cent mille fois. Toujours dans les mêmes contextes : le café du matin, la voiture, le téléphone, la sortie du travail, l’après-repas, la pause avec les collègues, la contrariété. Votre cerveau a fini par écrire une règle simple : ce contexte, donc cette cigarette.

Une règle de ce type ne passe plus par une décision. Elle se déclenche avant. C’est cette expérience très commune que les fumeurs décrivent tous : la cigarette est allumée avant même d’avoir pensé à la prendre.

La volonté, elle, est une ressource consciente. Elle arrive après. Elle fatigue, elle s’use dans la journée, et elle s’effondre exactement au moment où l’on en aurait le plus besoin : la mauvaise nouvelle, la dispute, la soirée arrosée.

Il y a une seconde raison, plus discrète. Quand vous arrêtez par la seule volonté, vous retirez la cigarette, mais vous ne remplacez pas ce qu’elle faisait. Or elle faisait quelque chose : elle marquait une pause, elle ponctuait une transition, elle donnait une contenance, elle offrait cinq minutes de respiration forcée. Ce vide reste ouvert. Et un jour, il se remplit avec ce qui l’a toujours rempli.

Arrêter de fumer avec l’hypnose : ce que la séance travaille vraiment

L’hypnose ne travaille pas sur la nicotine. Elle travaille sur le lien entre le contexte et le geste.

En état d’hypnose, votre attention se focalise et se détourne du raisonnement conscient. Vous restez éveillé, vous m’entendez, vous pouvez parler et interrompre à tout moment. Si vous ignorez à quoi cela ressemble, le déroulé complet est décrit dans mon article sur ce qui se passe pendant une séance d’hypnose.

Dans cet état, on peut atteindre les associations automatiques au lieu de les combattre de face. Concrètement, le travail porte sur trois choses.

Dissocier les moments du geste. Nous prenons vos déclencheurs, un par un, tels que vous me les avez décrits. Le café peut redevenir un café. La voiture peut redevenir un trajet. L’objectif n’est pas de vous priver de la pause : il est de délier la pause de la cigarette.

Réinstaller une ressource à la place. Une respiration, un geste, une image, un appui intérieur. Quelque chose qui occupe la fonction que la cigarette occupait, sans le tabac.

Remettre en cause le bénéfice prêté à la cigarette. Beaucoup de fumeurs sont convaincus qu’elle les détend. Ce qu’elle apaise, en réalité, c’est le manque qu’elle a elle-même créé quelques heures plus tôt. Formulée en état d’hypnose, cette évidence prend un tout autre poids que lue dans une brochure.

Je suis formée spécifiquement à cet accompagnement : je suis Praticien Spécialisé en Sevrage Tabagique, formée par l’I.F.A.T.H. en 2018, en plus de mon parcours d’hypnothérapeute détaillé sur la page qui suis-je.

Ce que l’hypnose ne fait pas, disons-le tout de suite : elle ne retire pas la nicotine de votre organisme, elle ne décide pas à votre place, et elle n’efface pas les premiers jours d’inconfort.

Complémentaire, jamais alternative : la place exacte de l’hypnose

C’est le point sur lequel je ne transige pas, et sur lequel certains confrères sont beaucoup trop bavards.

L’hypnose est un accompagnement complémentaire. Elle n’est pas une alternative aux substituts nicotiniques, ni à l’avis de votre médecin traitant ou d’un tabacologue.

La dépendance physique à la nicotine n’est pas une croyance ni une faiblesse : c’est un phénomène documenté. Les substituts nicotiniques, patchs, gommes, pastilles, existent précisément pour amortir ce sevrage physique. Ils sont pris en charge par l’Assurance maladie sur prescription. Ils ont fait leurs preuves.

Rien ne vous oblige à choisir entre eux et l’hypnose. Vous pouvez très bien faire les deux, et beaucoup de personnes que je reçois le font. Le substitut agit sur la chimie, l’hypnose sur l’automatisme et sur le rapport à la cigarette. Je ne vous demanderai jamais d’arrêter un traitement, et je n’ai aucune compétence pour en modifier un. Cette décision appartient à votre médecin ou à votre pharmacien.

Si vous voulez une information indépendante et fiable, Tabac info service est le service public de référence, avec une ligne téléphonique et des tabacologues.

Je dois être honnête aussi sur le niveau de preuve. Le rapport de l’Inserm publié en 2015, Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose, retient un intérêt réel de l’hypnose dans certaines indications, notamment le syndrome de l’intestin irritable et l’accompagnement de l’anesthésie. Pour le sevrage tabagique, il ne conclut pas à une efficacité démontrée : les études disponibles sont trop peu nombreuses et de qualité méthodologique insuffisante pour trancher.

Ce que je constate au cabinet depuis 2018 relève donc de mon expérience de praticienne, pas d’une démonstration scientifique. Je préfère vous le dire clairement plutôt que de vous vendre une certitude. Un praticien qui vous annonce un arrêt assuré vous promet ce que personne ne peut promettre, et c’est un signal d’alerte parmi d’autres, que je détaille dans l’article sur le choix d’un hypnothérapeute.

Deux séances, à huit jours d’intervalle

L’accompagnement que je propose tient en deux rendez-vous.

La première séance dure environ trois heures. Ce ne sont pas trois heures d’hypnose, loin de là. L’essentiel de ce temps est un entretien, et c’est lui qui fait la différence.

Nous reprenons votre histoire avec la cigarette : quand elle a commencé, ce qu’elle représentait alors, ce qu’elle représente aujourd’hui, combien vous en fumez, ce que vous avez déjà tenté et ce qui a fait céder chaque tentative. Puis nous cartographions vos déclencheurs, très concrètement. Pas « le stress », mais : la cigarette de 7 h 10 dans la voiture, celle qui suit le déjeuner, celle qu’on fume parce que le collègue descend fumer.

Ce travail est fastidieux et il est indispensable. On ne peut pas désamorcer un automatisme qu’on n’a pas nommé.

Vient ensuite la séance d’hypnose proprement dite, construite sur ce que vous venez de me dire, et sur la date d’arrêt que nous fixons ensemble. Vous repartez avec un cadre clair et, le plus souvent, sans cigarette.

La deuxième séance dure une heure et a lieu huit jours plus tard. Cet intervalle n’est pas arbitraire : il couvre la période où le sevrage physique est le plus vif, et où les situations à risque se présentent presque toutes au moins une fois. Nous reprenons ce qui a tenu, ce qui a résisté, les moments où l’envie est revenue, et nous consolidons. Certaines personnes arrêtent dès la première séance ; la seconde sert alors à ancrer ce qui s’est mis en place.

La méthode est identique pour la cigarette électronique : mêmes gestes, même nicotine, même travail.

Quant à la crainte de prendre du poids, très fréquente, nous en parlons pendant la séance et je travaille spécifiquement sur la compensation par la nourriture, avec les outils de l’accompagnement en perte de poids.

La première condition, c’est que ce soit votre décision

Je le dis souvent au téléphone, avant même de fixer un rendez-vous.

L’hypnose ne fabrique pas une envie d’arrêter que vous n’auriez pas. Elle sert un projet qui est déjà le vôtre. Venir parce que votre conjoint, vos enfants ou votre médecin vous ont poussé, sans désir personnel derrière, limite très fortement ce qu’il est possible de faire ensemble. Ce n’est pas une question de croyance : les personnes très sceptiques obtiennent souvent d’excellents résultats. C’est une question d’engagement.

Attention à ne pas confondre absence de décision et ambivalence. Presque tous les fumeurs que je reçois sont ambivalents : une part d’eux veut arrêter, une autre tient sincèrement à sa cigarette et redoute de la perdre. C’est normal, et c’est même matière à travail. Ce qui bloque, ce n’est pas d’être partagé, c’est de ne pas vouloir.

Un dernier point de franchise. Cette méthode vise l’arrêt complet, pas la réduction. Si votre objectif est de passer de vingt à dix cigarettes par jour, ce n’est pas le bon accompagnement : la moitié de l’automatisme resterait intacte, et elle reprendrait le dessus.

En pratique, au cabinet à Bernay

L’accompagnement à l’arrêt du tabac se fait en cabinet, au 7 rue Bernard Gombert à Bernay. La première séance, d’environ trois heures, est à 130 €. La séance de suivi, une heure, huit jours plus tard, est à 65 €. Le détail des prix se trouve sur la page tarifs.

Le déroulé complet, les situations que je rencontre le plus souvent et les réponses aux questions les plus fréquentes sont réunis sur la page consacrée à l’arrêt du tabac.

Et si vous hésitez encore, appelez-moi. Cinq minutes au téléphone suffisent souvent à savoir si le moment est le bon pour vous. Vous pouvez aussi me contacter par écrit.

Questions fréquentes

L'hypnose fonctionne-t-elle aussi pour arrêter la vape ? +

Oui, et la méthode est la même. La cigarette électronique entretient à la fois le geste, le rituel et la dépendance à la nicotine. Le travail porte donc sur les mêmes automatismes : les moments de la journée, les émotions associées, la main qui part toute seule. Certaines personnes viennent d'ailleurs après être passées du tabac à la vape sans jamais réussir à quitter la seconde.

Puis-je continuer mes patchs ou mes gommes pendant l'accompagnement ? +

Oui. Je ne vous demanderai jamais d'interrompre un substitut nicotinique ni un traitement prescrit. Les deux approches se complètent : le substitut agit sur la dépendance physique, l'hypnose sur l'automatisme et le rapport à la cigarette. Toute modification de votre traitement relève de votre médecin, de votre pharmacien ou d'un tabacologue, jamais de moi.

Faut-il avoir fixé une date d'arrêt avant de venir ? +

Ce n'est pas obligatoire, mais c'est un bon signe si vous y avez déjà pensé. La date se décide pendant la première séance, avec moi, en fonction de votre semaine et de votre situation. Le plus souvent, elle tombe le jour même de la séance ou dans les jours qui suivent immédiatement.

Vais-je quand même ressentir le manque physique ? +

C'est possible, et je préfère vous le dire franchement. L'hypnose ne fait pas disparaître la dépendance physique à la nicotine, qui est réelle et bien documentée. Les premiers jours peuvent rester inconfortables. Le travail en hypnose vise à ce que ces sensations ne relancent pas le geste automatique, et à ce que l'envie perde de sa force.

Au bout de combien de temps voit-on un changement ? +

Les résultats varient beaucoup selon les personnes. Certaines s'arrêtent le jour même de la première séance. D'autres constatent surtout que l'envie s'espace, que certaines cigarettes ne se rallument plus, et que la décision tient mieux au fil des jours. La deuxième séance, huit jours plus tard, sert précisément à consolider ce qui s'est mis en place.

Claudie Duval-Duvivier, hypnothérapeute à Bernay

À propos de l'auteure

Claudie Duval-Duvivier est hypnothérapeute à Bernay, dans l'Eure, depuis 2017. Maitre Praticien en hypnose, formée à sept méthodes complémentaires, elle accompagne enfants, adolescents, adultes et seniors sur les troubles anxieux, le sommeil, les addictions, la confiance en soi et la libération émotionnelle.

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