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Hypnose ou sophrologie : laquelle choisir pour vous ?

Les deux se pratiquent les yeux fermés, dans un fauteuil, avec une voix qui guide. Elles ne font pourtant pas le même travail. Je suis hypnothérapeute, je ne pratique pas la sophrologie, et je vous dis aussi quand elle vaut mieux que l'hypnose.

Par Claudie Duval-Duvivier Publié le 9 min de lecture

Vous cherchez de l’aide pour un stress qui dure, un sommeil qui se dérègle, une confiance qui s’effrite. On vous a parlé d’hypnose. On vous a aussi parlé de sophrologie. Les deux se pratiquent dans un fauteuil, les yeux fermés, avec une voix qui guide. De l’extérieur, elles se ressemblent beaucoup.

Elles ne font pourtant pas le même travail, et elles ne conviennent pas aux mêmes situations. Je suis hypnothérapeute, je ne pratique pas la sophrologie, et je vais essayer de vous en parler honnêtement, y compris quand elle est le meilleur choix. Voici ce qui les sépare, ce que chacune demande de temps et d’argent, et comment décider.

La différence entre l’hypnose et la sophrologie, en une phrase

La sophrologie vous apprend quelque chose. L’hypnose déplace quelque chose.

C’est réducteur, mais c’est le cœur de la différence entre l’hypnose et la sophrologie, et cela suffit déjà à orienter beaucoup de gens.

La sophrologie est née dans les années 1960. Son fondateur, Alfonso Caycedo, était neuropsychiatre. Il s’était intéressé à l’hypnose, puis s’en est éloigné pour construire une méthode fondée sur des exercices que la personne apprend, répète, et finit par pratiquer seule. Le sophrologue est d’abord un pédagogue : il transmet une pratique. Le but, à terme, est que vous n’ayez plus besoin de lui.

L’hypnose thérapeutique moderne s’est développée autrement, notamment autour des travaux du psychiatre américain Milton Erickson. Elle utilise un état de conscience particulier, celui que vous traversez déjà quand vous conduisez sans y penser ou quand un livre vous absorbe au point de ne plus entendre qu’on vous parle. Dans cet état, on peut travailler avec la part de vous qui produit le symptôme sans vous demander votre avis. L’hypnothérapeute n’enseigne pas un exercice : il accompagne un changement.

Les deux abaissent la vigilance, détendent le corps, et se pratiquent en confiance. Une séance de sophrologie et une séance d’hypnose peuvent se ressembler beaucoup vues de l’extérieur. C’est ce qui se joue à l’intérieur, et surtout ce que vous en faites ensuite, qui diffère.

Un point commun, enfin, qu’il vaut mieux connaître : ni le titre de sophrologue ni celui d’hypnothérapeute ne sont protégés en France. Aucun diplôme d’État n’existe pour l’un comme pour l’autre. La qualité tient donc entièrement à la formation et à l’expérience de la personne que vous avez en face de vous, dans les deux disciplines.

Ce que fait la sophrologie : un entraînement à répéter

Une séance de sophrologie dure en général entre quarante-cinq minutes et une heure. Vous restez assis ou debout, les yeux fermés, pleinement conscient. Le sophrologue vous guide dans des exercices précis, et il vous les explique.

Il y a d’abord la respiration. Ralentie, contrôlée, associée à des contractions puis à des relâchements musculaires. C’est ce qu’on appelle la relaxation dynamique : le corps sert de porte d’entrée à l’apaisement du mental.

Il y a ensuite la visualisation. On vous invite à vous représenter une situation à venir, un examen, un entretien, un accouchement, et à l’associer à un état intérieur calme. Puis on vous demande de recommencer. Chez vous, entre deux séances, dix minutes par jour.

C’est là que tout se joue. La sophrologie fonctionne par répétition. Elle ressemble beaucoup plus à un apprentissage sportif qu’à une thérapie brève. Le premier exercice ne fait pas grand-chose. Le trentième, pratiqué régulièrement, peut modifier durablement votre rapport au stress.

Cela suppose une condition : que vous ayez l’envie et la possibilité de pratiquer entre les séances. Les personnes qui s’y tiennent en tirent un bénéfice réel, parce qu’elles gardent l’outil pour toujours. Celles qui ne pratiquent jamais repartent souvent déçues, et c’est logique : elles n’ont utilisé qu’une moitié de la méthode.

La sophrologie se pratique aussi très bien en groupe. C’est un avantage que l’hypnose n’a pratiquement pas. Le groupe coûte moins cher, il installe un rendez-vous régulier dans la semaine, et il soutient la régularité de la pratique. Pour beaucoup de personnes, c’est exactement ce dont elles ont besoin.

Je le redis clairement : je ne pratique pas la sophrologie. Je suis somato-relaxologue depuis 2000, un métier qui travaille lui aussi par le corps et par la respiration. Cela me donne une idée assez précise de ce que la sophrologie apporte, et de ce qu’elle ne prétend pas apporter.

Ce que fait l’hypnose : agir sur ce qui décide sans vous

Un fumeur sait que le tabac le rend malade. Il fume quand même. Une personne qui a peur de l’avion sait que l’avion est le transport le plus sûr. Elle a peur quand même. C’est précisément là que l’hypnose est utile : sur tout ce que l’information et la volonté consciente ne suffisent pas à changer.

Pendant une séance, je vous accompagne vers l’état hypnotique, qui n’est ni le sommeil ni la veille ordinaire. Vous restez conscient, vous m’entendez, vous pouvez parler, bouger, ouvrir les yeux et interrompre à tout moment. Le déroulé complet, étape par étape, je le détaille dans comment se passe une séance d’hypnose.

Dans cet état, le travail ne consiste pas à vous enseigner un exercice. Il consiste à proposer, par des images, des métaphores et des suggestions, une autre façon de réagir. Je pratique trois formes d’hypnose : l’hypnose Sajece, la méthode douce de Camille Griselin, adaptée aux personnes anxieuses ou très sensibles ; l’hypnose ericksonienne, indirecte et métaphorique ; l’hypnose spirituelle et symbolique, plus introspective. Le choix se fait avec vous, pendant l’entretien préalable.

L’hypnose vise donc un déplacement plutôt qu’un entraînement. C’est pourquoi elle demande souvent moins de séances : trois à cinq pour la plupart des motifs, deux pour l’arrêt du tabac. Ce n’est pas une supériorité, c’est une autre logique. Elle travaille sur le mécanisme, pas sur l’endurance.

Un mot de prudence, parce que je préfère être exacte. Le rapport de l’Inserm publié en 2015, Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose, reconnaît un intérêt réel dans certaines indications, notamment le syndrome de l’intestin irritable et l’accompagnement de l’anesthésie, tout en soulignant que le niveau de preuve reste limité ailleurs, faute d’études de qualité suffisante. La sophrologie dispose d’encore moins de travaux d’évaluation. Aucune des deux ne remplace un suivi médical, et aucune des deux ne guérit une maladie.

Séances, durée et tarifs : ce que chaque approche vous demande

Comparons ce qui est comparable.

La première séance d’hypnose avec moi dure 1h30 et coûte 70 euros, les séances suivantes durent une heure et coûtent 65 euros. Le tarif est le même au cabinet à Bernay, à votre domicile dans un rayon de dix kilomètres, ou en visio. L’arrêt du tabac et la perte de poids suivent une autre organisation : une première séance de trois heures à 130 euros, puis un suivi d’une heure à 65 euros. Le détail complet figure sur la page tarifs.

Pour la sophrologie, je ne peux vous donner que des ordres de grandeur, puisque je ne la pratique pas. Les séances individuelles se situent souvent dans une fourchette proche de celle de l’hypnose. Les séances collectives coûtent nettement moins cher, et c’est un argument sérieux si votre budget est serré.

La vraie différence se lit sur le nombre de séances. Un accompagnement en hypnose tourne souvent autour de trois à cinq rendez-vous. Un accompagnement en sophrologie s’étale plus volontiers sur huit à douze séances, parce que la méthode repose sur une progression. Ce n’est pas un reproche : c’est le temps que demande un entraînement, quel qu’il soit.

Au total, le budget peut donc être plus élevé en sophrologie, mais vous repartez avec une pratique que vous gardez. En hypnose, vous payez moins de séances, et vous repartez avec un changement plutôt qu’avec un outil quotidien. À vous de voir ce qui compte le plus dans votre situation.

Dernier point, honnête et un peu frustrant : ni l’hypnose ni la sophrologie ne sont remboursées par l’Assurance maladie (ameli.fr). Certaines mutuelles proposent un forfait annuel pour les médecines complémentaires, qui couvre parfois quelques séances. Vérifiez auprès de la vôtre avant de vous engager dans un accompagnement long.

Dans quel cas choisir la sophrologie, dans quel cas choisir l’hypnose

Voici comment je raisonne quand quelqu’un m’appelle en hésitant entre les deux.

La sophrologie est probablement le meilleur choix si

  • vous voulez repartir avec des exercices concrets, à pratiquer seul, tous les jours ;
  • vous avez le temps et l’envie de pratiquer dix minutes par jour, sérieusement, sur plusieurs mois ;
  • vous préparez une échéance datée : un examen, une compétition, une prise de parole, un accouchement ;
  • vous cherchez une pratique régulière de détente plus qu’un changement précis ;
  • le cadre d’un groupe vous porte davantage qu’un face-à-face ;
  • l’idée même de l’hypnose vous met mal à l’aise, et c’est une raison suffisante ;
  • votre stress est diffus, installé depuis longtemps, et vous voulez apprendre à le réguler au quotidien plutôt qu’à en chercher l’origine.

Dans ces situations, vous orienter vers l’hypnose serait une erreur. Cela m’arrive de le dire au téléphone, et je le dis sans regret.

L’hypnose est probablement plus indiquée si

  • un comportement automatique résiste à votre volonté : tabac, grignotage, ongles rongés ;
  • une peur précise vous bloque : l’avion, la conduite, les espaces clos, le dentiste ;
  • une émotion ancienne reste coincée quelque part : un deuil, une séparation, un événement que vous n’avez jamais digéré ;
  • vous voulez comprendre ce qu’il y a derrière le symptôme, et pas seulement l’apaiser ;
  • vous avez déjà « tout essayé » avec votre volonté consciente, et rien n’a tenu ;
  • vous souhaitez peu de séances, et pas de devoirs à faire à la maison.

Pour le stress et l’anxiété, franchement, les deux approches se défendent. Tout dépend de votre façon de fonctionner. Je détaille ma manière de travailler sur ces motifs sur la page gestion du stress et de l’anxiété. Pour une phobie bien identifiée, en revanche, l’hypnose a un temps d’avance, et c’est le sujet de la page peurs et phobies.

Et si les deux vous tentent

Rien ne vous oblige à trancher définitivement. Beaucoup de personnes font les deux, dans l’ordre qui leur convient. L’hypnose d’abord, pour débloquer une situation qui ne bougeait plus, puis la sophrologie pour entretenir l’équilibre retrouvé. Ou l’inverse, quand la pratique quotidienne bute sur un blocage plus profond.

Je peux aussi vous transmettre quelques bases d’auto-hypnose en fin d’accompagnement. Cela rapproche un peu l’hypnose de la logique d’autonomie qui fait la force de la sophrologie.

Une règle vaut pour les deux, sans exception. Ni l’une ni l’autre ne remplace un médecin, un psychiatre ou un psychologue. Devant une dépression, un trouble psychiatrique ou une douleur inexpliquée, la première consultation est médicale. Toujours.

Faire le point ensemble, au cabinet à Bernay ou en visio

Vous avez lu tout ceci et vous hésitez encore. C’est normal, et ce n’est pas grave.

Le plus simple est de m’appeler. Cinq minutes au téléphone suffisent souvent à y voir clair. Je vous poserai trois questions : ce que vous voulez voir changer, ce que vous avez déjà tenté, et si vous êtes prêt à pratiquer quelque chose chez vous entre les rendez-vous. Vos réponses disent presque toujours quelle approche vous convient.

Et si, en vous écoutant, j’estime que la sophrologie vous conviendrait mieux que ce que je propose, je vous le dirai. Cela arrive. Je préfère perdre un rendez-vous que vous faire perdre du temps et de l’argent.

Si l’hypnose est le bon choix, la première séance dure 1h30 et coûte 70 euros, les séances suivantes une heure pour 65 euros. Elle a lieu au cabinet, 7 rue Bernard Gombert à Bernay, à votre domicile dans un rayon de dix kilomètres, ou en visio partout en France. Ma façon de travailler, les trois méthodes que j’utilise et ce qui se passe concrètement sont décrits sur la page séance d’hypnose. Vous pouvez aussi me contacter pour poser vos questions avant de vous engager.

Questions fréquentes

L'hypnose et la sophrologie, est-ce la même chose ? +

Non. La sophrologie vous enseigne des exercices de respiration, de détente musculaire et de visualisation que vous répétez seul, chez vous, jusqu'à ce qu'ils deviennent une habitude. L'hypnose utilise un état de conscience particulier pour travailler directement sur un automatisme qui résiste à votre volonté. La première est un entraînement, la seconde un déplacement.

Peut-on faire de la sophrologie et de l'hypnose en même temps ? +

Oui, et beaucoup de personnes le font. Les deux approches ne s'annulent pas. Certaines viennent en hypnose pour débloquer une situation précise, puis se tournent vers la sophrologie pour entretenir un équilibre au quotidien. D'autres font l'inverse. Prévenez simplement chaque praticien du travail mené par ailleurs, pour éviter de tout mélanger.

Combien de séances faut-il pour l'une et pour l'autre ? +

En hypnose, comptez le plus souvent trois à cinq séances, et deux pour l'arrêt du tabac. En sophrologie, un accompagnement s'étale plus volontiers sur huit à douze séances, car la méthode repose sur l'apprentissage progressif. Ces chiffres restent des ordres de grandeur : les résultats et les rythmes varient selon les personnes.

La sophrologie ou l'hypnose sont-elles remboursées ? +

Ni l'une ni l'autre n'est remboursée par l'Assurance maladie. En revanche, certaines mutuelles proposent un forfait annuel pour les médecines complémentaires, qui couvre parfois quelques séances par an. Renseignez-vous auprès de votre complémentaire santé avant de commencer, en demandant précisément si l'hypnose ou la sophrologie figurent dans le forfait.

Je n'aime pas l'idée de perdre le contrôle : la sophrologie est-elle plus rassurante ? +

Vous ne perdez le contrôle dans aucune des deux. En hypnose, vous restez conscient, vous entendez ma voix et vous pouvez interrompre la séance quand vous le voulez. Cela dit, si l'idée même de l'hypnose vous met mal à l'aise, la sophrologie est un choix parfaitement légitime. Une réticence est une raison suffisante.

Claudie Duval-Duvivier, hypnothérapeute à Bernay

À propos de l'auteure

Claudie Duval-Duvivier est hypnothérapeute à Bernay, dans l'Eure, depuis 2017. Maitre Praticien en hypnose, formée à sept méthodes complémentaires, elle accompagne enfants, adolescents, adultes et seniors sur les troubles anxieux, le sommeil, les addictions, la confiance en soi et la libération émotionnelle.

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