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Préparer son accouchement avec l'hypnose, sereinement

L'hypnose ne rend pas un accouchement indolore, et personne ne devrait vous le promettre. Elle travaille autre chose : la peur qui vous épuise depuis des semaines, et la façon dont vous traverserez le jour venu.

Par Claudie Duval-Duvivier Publié le 7 min de lecture

Vous entrez dans le troisième trimestre, et une question tourne en boucle. Comment cela va-t-il se passer, le jour venu.

Je veux être claire dès la première ligne. L’hypnose ne supprime pas la douleur de l’accouchement. Aucune préparation ne le fait, et une personne qui vous l’affirme vous raconte une histoire. Ce qu’une préparation par l’hypnose peut travailler, c’est autre chose : votre relation à cette douleur, et l’anticipation anxieuse qui vous épuise parfois depuis des semaines. La nuance paraît mince. Elle est décisive, et elle est honnête. Voici ce qu’elle recouvre concrètement, quand commencer, et pourquoi l’hypnose ne remplace ni votre sage-femme ni la péridurale.

Ce que l’hypnose avant l’accouchement travaille réellement

Trois choses, et pas davantage.

La première, c’est l’anticipation. Beaucoup de femmes que je reçois en fin de grossesse ne souffrent pas encore. Elles souffrent d’avance. Le récit d’une amie, une vidéo vue par hasard, un premier accouchement difficile, et le cerveau rejoue la scène en boucle, la nuit surtout. Cette anticipation a un coût bien réel : sommeil haché, tension permanente, fatigue accumulée avant même le début du travail. C’est le terrain sur lequel l’hypnose est la plus utile, parce que c’est un terrain d’ici et maintenant, pas un pari sur le jour venu.

La deuxième, c’est la respiration et les points d’appui. En séance, j’installe ce qu’on appelle des ancrages : un geste, un mot, une image, associés en état d’hypnose à une sensation de calme. Répétés, ils deviennent rapidement mobilisables. Entre deux contractions, c’est ce que vous avez sous la main.

La troisième, c’est le rapport à la douleur. La douleur des contractions n’est pas le signe d’un dysfonctionnement. C’est un travail musculaire intense, qui a une fonction. Le problème n’est pas la contraction, c’est le cercle qui s’installe autour : la peur crispe, la crispation intensifie la perception, la perception nourrit la peur. L’hypnose n’intervient pas sur la contraction. Elle intervient sur ce cercle.

Un mot sur les preuves. Le rapport de l’Inserm publié en 2015, Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose, a examiné la santé des femmes, accouchement compris. Sa conclusion est prudente : les études disponibles ne permettent pas d’affirmer que l’hypnose réduit nettement la douleur de l’accouchement ou le recours aux antalgiques. L’intérêt de l’hypnose y est jugé mieux établi ailleurs, notamment en accompagnement de l’anesthésie. Je préfère vous transmettre cette nuance plutôt qu’un argument de vente. Ce que je constate au cabinet relève de mon expérience de praticienne, pas d’une démonstration scientifique.

Quand commencer, et combien de séances prévoir

Idéalement vers le sixième ou le septième mois. Comptez trois à quatre séances.

Ce calendrier n’est pas arbitraire. Commencer très tôt a peu d’intérêt : ce qui s’installe en séance demande à être répété, et douze semaines d’écart diluent le travail. Commencer trop tard, à trente-huit semaines, la valise déjà prête, laisse rarement le temps de construire quelque chose de solide. Entre les deux, il reste assez de temps pour répéter, et assez peu pour que le sujet reste vivant.

Le déroulé habituel ressemble à ceci. La première séance sert à parler. De la peur, de son origine, parfois d’un accouchement précédent qui s’est mal passé et dont personne n’a jamais reparlé avec vous. Les séances suivantes installent la respiration, le lieu de calme, les ancrages. La dernière est souvent consacrée à une répétition mentale, y compris, et j’y tiens, à la répétition d’un scénario qui ne se déroule pas comme prévu.

Entre les séances, je vous donne des exercices simples d’auto-hypnose, c’est-à-dire des exercices que vous pratiquez seule, sans moi. Ils comptent autant que les séances, parce que le jour venu, c’est vous qui les utiliserez. Pas moi : je n’accompagne pas en salle de naissance.

La première séance dure 1h30 et coûte 70 euros, les séances suivantes une heure pour 65 euros, sans différence de tarif selon le lieu. En fin de grossesse, le trajet devient parfois pénible. Je me déplace à votre domicile dans un rayon de dix kilomètres autour de Bernay, et la visio reste possible partout en France. Le détail figure sur les pages séances à domicile et tarifs. Si vous n’avez jamais fait d’hypnose, le déroulé complet d’une séance est décrit dans comment se passe une séance d’hypnose.

L’hypnose ne remplace rien, et surtout pas votre suivi

Ce passage est le plus important de l’article.

L’hypnose ne remplace pas votre suivi obstétrical. Les consultations, les échographies, les examens, les rendez-vous avec votre sage-femme ou votre gynécologue passent avant tout le reste. Si une contraction vous inquiète, si vous saignez, si vous sentez votre bébé bouger moins, vous appelez la maternité. Vous ne respirez pas en conscience en attendant que cela passe. Aucun outil que je vous transmets ne doit jamais retarder un appel.

L’hypnose ne remplace pas non plus la préparation à la naissance et à la parentalité. Celle-ci est assurée par une sage-femme, elle comprend habituellement un entretien prénatal précoce et sept séances, et elle est prise en charge par l’Assurance maladie. Les conditions exactes sont détaillées sur ameli.fr. Je le dis franchement, au risque de me desservir : si vous ne deviez suivre qu’une seule préparation, suivez celle-là. Elle est menée par une professionnelle de santé, elle couvre le déroulement du travail, les positions, l’allaitement, le retour à la maison, et elle ne vous coûte rien. Mes séances, elles, ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale, même si certaines mutuelles y participent.

L’hypnose vient donc en complément, jamais en remplacement. Elle ajoute une dimension que la préparation classique aborde moins : la peur elle-même, son histoire, et ce qu’elle fait à votre corps.

Enfin, l’hypnose ne remplace pas l’équipe de la maternité. Le jour venu, ce sont les sages-femmes, les obstétriciens et les anesthésistes qui veillent sur vous et sur votre bébé. Votre préparation vous accompagne. Elle ne vous rend pas autonome, et ce n’est pas son but.

L’hypnose et la péridurale ne s’opposent pas

Il circule, dans certains milieux de la préparation à la naissance, une idée abîmée : la femme bien préparée n’aurait pas besoin de péridurale. La demander reviendrait à avoir cédé, à s’être mal préparée, à avoir échoué quelque part.

Cette idée est fausse, et elle fait du mal. Je la corrige chaque fois que je l’entends au cabinet.

La péridurale est un acte médical, pratiqué par un anesthésiste, sûr et disponible. Une femme préparée par l’hypnose qui la demande à quatre centimètres de dilatation n’a rien raté du tout. Elle a fait un choix, dans son corps, à un moment donné, avec les informations dont elle disposait. Personne n’a de leçon à lui donner, et certainement pas quelqu’un qui n’était pas dans la pièce.

Je ne dis jamais à une femme enceinte qu’elle n’aura pas besoin de péridurale. Je ne le sais pas. Personne ne le sait, elle non plus, avant d’y être.

Les deux approches ne s’opposent d’ailleurs pas techniquement. Le rapport de l’Inserm cité plus haut situe précisément l’un des intérêts les mieux documentés de l’hypnose dans l’accompagnement de l’anesthésie. Et le travail préparé reste utile après la pose : l’attente de l’anesthésiste, le geste lui-même pour celles que les aiguilles effraient, la fin du travail, la poussée, les heures qui suivent. Une péridurale ne supprime pas tout, et elle n’annule pas votre préparation.

Un accompagnement honnête vous donne des outils. Il ne vous impose pas de scénario, et il ne vous fait pas signer un contrat de performance avec votre propre corps.

Un accouchement ne se contrôle pas

Un déclenchement peut être décidé. Une césarienne d’urgence peut s’imposer en quelques minutes. Une complication peut survenir chez une femme en parfaite santé, sans que personne n’y soit pour quoi que ce soit.

Aucune préparation, aussi bonne soit-elle, n’a de prise sur ces événements. C’est là que se loge le vrai risque d’une préparation mal menée : transformer un souhait en injonction. Le projet de naissance devient une note à obtenir, et la femme qui s’en écarte se retrouve avec un sentiment d’échec en plus d’un accouchement difficile. Une double peine, pour rien.

Je travaille donc la souplesse autant que le calme. Cela signifie, très concrètement, répéter en séance le scénario que vous redoutez, et pas seulement celui que vous espérez. Se voir accepter une décision médicale. Se voir sur une table de bloc. Garder un point d’appui même là. Ce travail est moins agréable, et il est souvent le plus utile.

Si l’accouchement s’éloigne de ce que vous aviez imaginé, il peut laisser une trace. Cela se travaille après, à votre rythme, sans urgence. J’aborde cette période et les autres motifs de consultation de la grossesse dans un article séparé, hypnose pendant la grossesse. Quant à l’anticipation anxieuse, elle obéit à des mécanismes que je détaille dans l’article sur l’hypnose contre l’anxiété.

Se préparer avec moi, à Bernay ou en visio

Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, voici comment cela se passe.

Trois à quatre séances, à partir du sixième ou du septième mois. La première séance dure 1h30 et coûte 70 euros, les séances suivantes une heure pour 65 euros, au cabinet du 7 rue Bernard Gombert à Bernay, à votre domicile dans un rayon de dix kilomètres, ou en visio si le déplacement vous coûte. Nous parlons d’abord de ce qui vous fait peur, précisément, puis nous construisons vos points d’appui, séance après séance.

Je ne vous promets pas un accouchement indolore. Je vous propose d’arriver le jour venu moins épuisée par l’attente, avec des outils simples, et avec une image de vous-même qui ne soit pas celle d’une femme dépassée d’avance.

Le détail de l’accompagnement pendant la grossesse et après la naissance se trouve sur la page hypnose pour femmes enceintes. Et si vous hésitez, appelez-moi. Cinq minutes au téléphone suffisent souvent à savoir si cela vous convient.

Questions fréquentes

L'hypnose permet-elle d'accoucher sans douleur ? +

Non, et personne ne devrait vous l'affirmer. L'hypnose n'agit pas sur la contraction elle-même, qui est un travail musculaire intense et normal. Elle travaille l'anticipation anxieuse, la respiration et la relation à la douleur, c'est-à-dire le cercle peur, tension, douleur. Les ressentis varient beaucoup selon les femmes, et aucune préparation ne peut prédire le déroulement du jour venu.

Puis-je demander la péridurale après une préparation par l'hypnose ? +

Oui, bien sûr, et cela ne constitue en rien un échec. Une préparation ne vous engage à rien. La péridurale est un acte médical sûr, décidé avec l'équipe de la maternité. Les outils installés en séance restent utiles avant la pose, pendant la pose et après. Personne n'a de comptes à vous demander sur ce choix.

À quel moment de la grossesse commencer les séances ? +

Idéalement vers le sixième ou le septième mois, pour trois à quatre séances. Plus tôt, le travail se dilue faute de répétition suffisante. Plus tard, à trente-huit semaines, il reste rarement le temps d'installer des repères solides. Si votre grossesse est déjà avancée, une ou deux séances centrées sur la peur gardent malgré tout leur utilité.

L'hypnose remplace-t-elle la préparation à la naissance avec la sage-femme ? +

Non, elle la complète. La préparation à la naissance et à la parentalité est assurée par une sage-femme, professionnelle de santé, et elle est prise en charge par l'Assurance maladie, ce qui n'est pas le cas de mes séances. Elle vient en premier. L'hypnose ajoute un travail sur la peur elle-même, moins abordé ailleurs.

Serez-vous présente le jour de l'accouchement ? +

Non. Je n'interviens pas en salle de naissance, et ce n'est pas ma place : l'équipe de la maternité est seule compétente le jour venu. Mon rôle s'arrête au cabinet. C'est précisément pour cette raison que je vous transmets des exercices d'auto-hypnose à répéter chez vous, afin qu'ils soient disponibles sans moi.

Claudie Duval-Duvivier, hypnothérapeute à Bernay

À propos de l'auteure

Claudie Duval-Duvivier est hypnothérapeute à Bernay, dans l'Eure, depuis 2017. Maitre Praticien en hypnose, formée à sept méthodes complémentaires, elle accompagne enfants, adolescents, adultes et seniors sur les troubles anxieux, le sommeil, les addictions, la confiance en soi et la libération émotionnelle.

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