Aller au contenu principal

Hypnose pendant la grossesse : ce qu'il faut savoir

Enceinte, vous cherchez un soutien doux pour l'anxiété, le sommeil ou l'appréhension de l'accouchement. L'hypnose peut y contribuer. À une condition, non négociable : elle vient en plus de votre suivi obstétrical, jamais à sa place.

Par Claudie Duval-Duvivier Publié le 8 min de lecture

Vous êtes enceinte, vous dormez mal, les nausées vous épuisent, et l’idée de l’accouchement vous serre le ventre. Quelqu’un vous a parlé de l’hypnose. Vous vous demandez si c’est sérieux, et surtout si c’est sans risque pour votre bébé.

Voici ce que je peux vous dire, franchement. L’hypnose est un accompagnement de confort et de bien-être pendant la grossesse. Elle peut aider sur l’appréhension, le sommeil, la fatigue morale, le rapport à un corps qui change. Elle ne soigne rien, elle ne surveille rien, et elle ne remplace jamais votre sage-femme, votre gynécologue ou votre maternité.

Cet article détaille ce qu’elle peut apporter au fil des neuf mois, ce qu’elle ne doit surtout pas faire, et le moment précis où il faut refermer cette page et appeler un professionnel de santé.

Ce que les femmes enceintes viennent chercher au cabinet

Je reçois des femmes à tous les stades de la grossesse, et les motifs se ressemblent beaucoup.

L’anxiété arrive en tête. Une anxiété diffuse, qui ne se raisonne pas. Elle est fréquente lors d’une première grossesse, et plus encore après une fausse couche, un deuil périnatal ou une grossesse compliquée. Le corps se souvient. Les examens deviennent des épreuves. Beaucoup de femmes me disent culpabiliser de ne pas vivre ces mois-là dans la joie qu’on leur promettait.

L’appréhension de l’accouchement vient ensuite, surtout au troisième trimestre. Parfois c’est la douleur qui inquiète, parfois la perte de contrôle, parfois le souvenir précis d’un premier accouchement difficile. Ce travail-là est un sujet à part entière, et je le détaille sur la page consacrée aux femmes enceintes et jeunes mamans.

Le sommeil se dégrade souvent, entre l’inconfort physique et les pensées qui tournent la nuit. L’hypnose peut aider à retrouver un endormissement plus simple, et j’explique le mécanisme dans mon article sur l’hypnose pour mieux dormir.

Les nausées du premier trimestre, quand elles restent dans le registre de l’inconfort, amènent aussi des demandes. J’y reviens plus bas, parce que ce motif exige une vigilance particulière.

Le rapport au corps, enfin. Un corps qui change vite, qui échappe, qui devient objet d’examens et de commentaires. Certaines femmes ont besoin de reprendre contact avec lui autrement.

Ce que l’hypnose propose dans ces situations est simple : un temps où vous ne faites rien d’autre que vous déposer, et un travail sur ce qui vous encombre. Les résultats varient selon les personnes, et je ne connais aucun praticien honnête qui vous dira le contraire.

Hypnose et grossesse : le cadre de sécurité, sans exception

C’est la partie la plus importante de cet article. Je préfère la mettre au milieu, là où on la lit vraiment.

L’hypnose est un accompagnement de confort. Elle n’est pas un acte médical, elle ne pose aucun diagnostic, et je ne suis ni sage-femme, ni médecin. Aucun symptôme de grossesse ne se « gère » en hypnose.

Les signes suivants sont des urgences médicales. Ils appellent un appel immédiat à votre maternité, à votre sage-femme ou au 15, jamais une séance :

  • un saignement, même léger, à n’importe quel stade,
  • une douleur abdominale inhabituelle, ou des contractions avant le terme,
  • une diminution ou une absence des mouvements du bébé,
  • des vomissements incoercibles, c’est-à-dire impossibles à arrêter, avec impossibilité de boire,
  • des maux de tête violents, des troubles de la vue, un gonflement brutal du visage ou des mains,
  • de la fièvre, une perte de liquide, ou tout ce qui vous inquiète vraiment.

Si l’une de ces situations se présente, vous n’appelez pas votre hypnothérapeute. Vous appelez la maternité. Une praticienne qui vous proposerait de « travailler ça en séance » vous mettrait en danger, vous et votre enfant. Vous pouvez le lui dire, et changer de praticienne.

Je suis tout aussi nette sur un autre point : personne ne peut vous promettre un accouchement sans douleur. Ni moi, ni aucun praticien, ni aucune méthode. Ce que l’hypnose peut proposer, c’est un rapport différent à ce que vous allez traverser, et des repères de calme mobilisables. Ce n’est pas la même chose, et la nuance n’est pas un détail.

Sur le plan des preuves, je préfère vous donner l’état réel des connaissances. Le rapport de l’Inserm, Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose, publié en 2015, a examiné de nombreuses indications, dont la santé des femmes. Il conclut à un intérêt réel dans certains domaines, notamment le syndrome de l’intestin irritable et l’accompagnement de l’anesthésie. Ailleurs, il souligne que le niveau de preuve reste limité, faute d’études de qualité suffisante. Autrement dit : un soutien possible, une efficacité non démontrée. Le cadre médical de votre grossesse, lui, est défini par les recommandations de la Haute Autorité de Santé et par le suivi organisé avec l’Assurance maladie. C’est ce cadre qui prime, toujours.

Nausées : ce que je peux accompagner, ce qui relève de la maternité

Les nausées du premier trimestre touchent une grande partie des femmes enceintes. Dans leur forme habituelle, elles sont pénibles, épuisantes, parfois humiliantes en public, et elles finissent par passer.

Sur ces nausées ordinaires, un accompagnement est envisageable. Le travail porte moins sur le symptôme que sur ce qui l’entoure : l’anticipation, la crispation, l’odeur qui déclenche, la tension permanente à l’idée que cela recommence. Certaines femmes constatent une amélioration du confort. D’autres non. Je ne vous vendrai pas de certitude sur ce point.

Il existe une limite absolue, et elle porte un nom : l’hyperémèse gravidique. Il s’agit de vomissements sévères et incoercibles, qui empêchent de garder l’eau et les aliments, entraînent une perte de poids et une déshydratation. Ce n’est pas une grossesse difficile à supporter. C’est un trouble médical, qui nécessite une prise en charge, parfois une hospitalisation et une réhydratation.

Si vous vous reconnaissez dans cette description, votre place n’est pas dans mon cabinet. Elle est à la maternité, aujourd’hui. Aucune séance d’hypnose ne doit servir à « tenir » dans cette situation, ni à retarder un examen. Reporter un avis médical parce qu’on attend un rendez-vous d’hypnose : voilà exactement ce que je refuse de rendre possible.

Prévenez votre sage-femme ou votre gynécologue

Dites à l’équipe qui vous suit que vous consultez en hypnose. Ce n’est ni une confession, ni un aveu de faiblesse. C’est une information utile, et un signe de sérieux.

Trois raisons à cela.

La première : votre sage-femme ou votre médecin connaît votre dossier, vos antécédents, les éventuelles particularités de votre grossesse. Une grossesse à risque, un placenta mal placé, un antécédent de prématurité changent la donne. Leur avis passe avant le mien.

La deuxième : beaucoup de sages-femmes sont elles-mêmes formées à l’hypnose, et l’utilisent en maternité. La coordination évite les doublons et les messages contradictoires.

La troisième, la plus simple : un praticien qui vous demande de ne rien dire à votre médecin est un praticien dont il faut partir. Le sujet du choix d’un professionnel mérite du recul, et je liste les signaux d’alerte dans mon article sur le choix d’un hypnothérapeute.

Si vous suivez un traitement, quel qu’il soit, ne le modifiez jamais de votre propre initiative après une séance. Cette décision appartient au médecin qui vous l’a prescrit.

Après la naissance : le post-partum et le baby blues

L’accompagnement ne s’arrête pas à l’accouchement. C’est souvent après que les choses se compliquent.

Le baby blues touche une majorité de femmes dans les jours qui suivent la naissance. Larmes qui montent sans raison, hypersensibilité, sentiment d’être dépassée. C’est fréquent, c’est lié notamment aux bouleversements hormonaux, et cela dure quelques jours.

La dépression post-partum est autre chose. Une tristesse qui s’installe et dure au-delà de deux semaines, une perte d’intérêt pour ce qui comptait, un épuisement qui ne cède pas au repos, une culpabilité écrasante, parfois le sentiment de ne pas aimer son bébé « comme il faudrait ». Ce n’est pas un manque de courage. C’est un trouble médical, fréquent, et qui se soigne bien lorsqu’il est pris en charge. La dépression prénatale, pendant la grossesse, relève de la même règle.

Alors je vais être directe, avec chaleur mais sans ambiguïté. Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, parlez-en aujourd’hui à votre médecin, à votre sage-femme ou à la maternité. Un entretien postnatal est prévu dans le parcours de soins pour cela, et vous avez le droit de le demander. Si vous avez des pensées noires, des idées de vous faire du mal ou de faire du mal à votre enfant, appelez le 15, ou le 3114, le numéro national de prévention du suicide, ouvert jour et nuit. Ce n’est pas exagéré. C’est la bonne réaction.

Une fois ce suivi en place, l’hypnose peut prendre sa part, en complément. Sur la fatigue morale, la culpabilité, la charge mentale, la peur de mal faire, le retour à un corps qu’on ne reconnaît plus. Sur l’anxiété qui persiste, aussi, un sujet que j’aborde en détail dans mon article sur ce que disent les études à propos de l’anxiété.

Se faire accompagner pendant la grossesse à Bernay

Je reçois les femmes enceintes et les jeunes mamans au cabinet, 7 rue Bernard Gombert à Bernay. La première séance dure 1h30 et coûte 70 euros, les séances suivantes une heure pour 65 euros, au cabinet comme ailleurs.

Deux modalités facilitent souvent les choses à cette période. Je me déplace à votre domicile dans un rayon de dix kilomètres autour de Bernay, ce qui évite le trajet en fin de grossesse ou avec un nouveau-né. Et je propose des séances en visio, depuis votre canapé, si vous êtes trop fatiguée pour sortir.

Le déroulé est le même que pour tout le monde : un temps d’échange, puis un temps d’hypnose, puis un retour. Rien de spectaculaire, rien de forcé, et vous gardez le contrôle du début à la fin. Si vous ignorez à quoi cela ressemble, je décris tout dans mon article sur le déroulé d’une séance d’hypnose. Je travaille souvent avec la méthode Sajece, particulièrement douce, adaptée aux personnes sensibles ou fatiguées.

Le nombre de séances dépend de vous. Deux ou trois suffisent parfois pour apaiser une appréhension. Le détail des tarifs figure sur la page tarifs, et vous pouvez me contacter pour en parler cinq minutes avant de décider.

Le contenu de cet accompagnement, motif par motif, est présenté sur la page hypnose pour les femmes enceintes et les jeunes mamans. Et pour finir comme j’ai commencé : quoi que nous fassions ensemble, votre suivi de grossesse reste entre les mains de votre sage-femme et de votre médecin. Toujours.

Questions fréquentes

L'hypnose présente-t-elle un danger pour mon bébé ? +

Une séance d'hypnose n'est pas un acte médical, ne touche pas au corps et n'implique aucune substance. Il s'agit d'un état d'attention concentrée, proche de la rêverie. Aucun effet indésirable pour l'enfant n'est décrit dans ce cadre. Cela ne dispense pas de prudence : parlez-en à votre sage-femme ou à votre gynécologue avant de commencer, en particulier si votre grossesse fait l'objet d'une surveillance rapprochée.

L'hypnose remplace-t-elle la préparation à la naissance ? +

Non, à aucun moment. La préparation à la naissance assurée par une sage-femme est un suivi médical, remboursé par l'Assurance maladie, et il reste indispensable. L'hypnose est un accompagnement de confort qui peut venir en complément, pour apaiser l'appréhension et installer des repères de calme. Elle ne se substitue ni aux séances de préparation, ni aux consultations obligatoires, ni à la maternité.

À quel moment de la grossesse puis-je consulter ? +

Il n'existe pas de règle stricte. Certaines femmes viennent dès le premier trimestre, pour une anxiété qui les empêche de vivre leur grossesse. D'autres consultent dans les deux derniers mois, quand l'appréhension de l'accouchement monte. D'autres encore après la naissance. L'avis de votre sage-femme ou de votre médecin prime toujours sur le mien.

Mes nausées sont très fortes, l'hypnose peut-elle m'aider ? +

Si vous vomissez sans pouvoir garder ni eau ni aliment, si vous perdez du poids, si vous êtes épuisée au point de ne plus vous lever, il ne s'agit plus d'un inconfort mais d'un trouble médical, l'hyperémèse gravidique. Direction la maternité, sans attendre et sans passer par mon cabinet. Pour des nausées ordinaires du premier trimestre, un accompagnement est envisageable, sans promesse de résultat.

Je me sens très mal depuis l'accouchement, que dois-je faire ? +

Parlez-en aujourd'hui, pas dans un mois, à votre médecin, à votre sage-femme ou à la maternité. Une tristesse qui dure au-delà de deux semaines, une perte d'élan, une culpabilité écrasante peuvent signaler une dépression post-partum, qui se soigne bien lorsqu'elle est prise en charge. En cas de pensées noires, appelez le 15 ou le 3114. L'hypnose viendra plus tard, en complément.

Claudie Duval-Duvivier, hypnothérapeute à Bernay

À propos de l'auteure

Claudie Duval-Duvivier est hypnothérapeute à Bernay, dans l'Eure, depuis 2017. Maitre Praticien en hypnose, formée à sept méthodes complémentaires, elle accompagne enfants, adolescents, adultes et seniors sur les troubles anxieux, le sommeil, les addictions, la confiance en soi et la libération émotionnelle.

Lire sa bio complète →

À lire aussi

← Tous les articles

Prêt à franchir le pas ?

La prise de rendez-vous se fait en ligne sur Crénolibre, 24h/24. Si vous préférez en parler par téléphone avant, je vous réponds personnellement.