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Phobie scolaire chez l'enfant : l'hypnose en accompagnement

Votre enfant pleure devant le portail, se plaint de maux de ventre tous les matins, et va très bien le samedi. Ce n'est ni un caprice ni de la paresse. Voici ce que cela dit, et la place, réelle mais limitée, que l'hypnose peut occuper.

Par Claudie Duval-Duvivier Publié le 7 min de lecture

Le dimanche soir, l’angoisse monte. Le lundi matin, votre enfant a mal au ventre, pleure, se cramponne, vomit parfois. Et le samedi, tout va bien. Vous avez peut-être entendu que c’était une phase, qu’il fallait tenir bon, ou que vous cédiez trop.

Je reçois régulièrement des familles dans cette situation. Ce que je veux vous dire d’abord, avant tout le reste : vous n’y êtes pour rien, et votre enfant ne simule pas.

Cet article explique comment reconnaître un refus scolaire anxieux, pourquoi les symptômes physiques du matin sont bien réels, et quelle place, précise et limitée, l’hypnose peut occuper dans un accompagnement qui doit rester collectif.

Ce n’est ni un caprice, ni de la paresse

Le mot « phobie scolaire » est courant, mais les professionnels parlent plutôt de refus scolaire anxieux (l’incapacité à se rendre en classe, sous l’effet d’une angoisse intense).

Cette distinction n’est pas un détail. Elle change le regard.

Un enfant qui sèche les cours pour retrouver des copains agit dans le plaisir. Il cache son absence, il ne souffre pas, il n’est pas malade le matin. Ce comportement existe, il s’appelle l’absentéisme, et il n’a rien à voir avec ce que vous vivez.

Un enfant en refus scolaire anxieux, lui, veut souvent aller à l’école. Il aime parfois apprendre. Il dit qu’il ira demain, il le pense sincèrement, et demain il en est de nouveau incapable. Il reste à la maison sans joie, il est souvent honteux, et il sait que ses parents s’inquiètent. Cette culpabilité aggrave le tableau.

Quelques signes qui reviennent souvent :

  • l’angoisse commence la veille au soir, souvent le dimanche
  • les symptômes s’effondrent dès que la décision de rester est prise
  • le week-end et les vacances se passent bien, ce qui fait douter l’entourage
  • l’enfant ne parvient pas à expliquer ce qui lui fait peur, ou son explication paraît insuffisante
  • il s’isole, dort mal, se replie sur les écrans

Ce dernier point mérite qu’on s’y arrête. Un enfant qui ne trouve pas les mots n’est pas un enfant qui ment. Il est fréquent qu’il ne sache tout simplement pas nommer ce qui le submerge.

Les maux de ventre du matin sont réels

C’est le point que les parents entendent le plus rarement, et c’est peut-être le plus important de cet article.

Quand votre enfant dit qu’il a mal au ventre, il a mal au ventre.

L’anxiété n’est pas une idée dans la tête. C’est une réaction du corps entier. Le système nerveux se met en état d’alerte, comme face à un danger. Le rythme cardiaque s’accélère, la respiration se fait courte, la digestion se dérègle. Les contractions intestinales deviennent douloureuses. Les nausées sont authentiques, les vomissements aussi, et certains enfants font même monter leur température.

Rien de tout cela n’est volontaire. Aucun enfant ne peut décider de se contracter l’estomac ou de vomir sur commande. Lui répondre qu’il n’a rien, ou que « c’est dans la tête », ne fait qu’ajouter de la solitude à la douleur, sans rien apaiser.

Le fait que la douleur disparaisse une fois la porte refermée ne prouve pas la comédie. Elle prouve simplement que le déclencheur a disparu. Le corps se calme parce que la menace, telle que l’enfant la perçoit, s’éloigne.

Cela ne veut pas dire qu’il faut renoncer à l’école. Cela veut dire que la bonne question n’est pas « comment le forcer », mais « de quoi son corps essaie-t-il de le protéger ». Ce sont deux chemins très différents.

Une précaution, ici, que je répète toujours : ces symptômes doivent d’abord être vus par un médecin. Un mal de ventre du matin peut être anxieux, il peut aussi être autre chose. On ne fait pas ce tri seul, et on ne le fait certainement pas en hypnose.

Un refus scolaire peut cacher du harcèlement

Il faut le dire clairement, parce que beaucoup de parents le découvrent tard.

Derrière un refus d’aller en classe, il y a parfois du harcèlement. Des moqueries répétées, une mise à l’écart, des violences, des messages en ligne le soir. L’enfant se tait souvent, par honte, par peur des représailles, ou parce qu’il pense que parler aggravera tout.

Il peut aussi s’agir d’un professeur avec lequel la relation s’est abîmée, d’une difficulté d’apprentissage jamais repérée, d’une angoisse de séparation, ou d’un événement précis dont personne n’a mesuré l’impact.

Ce que vous pouvez faire, dès maintenant :

  • demander un rendez-vous avec le professeur principal ou le directeur
  • solliciter l’infirmière scolaire ou le médecin scolaire, dont c’est précisément le rôle
  • poser des questions ouvertes à votre enfant, sans exiger de réponse immédiate
  • écrire ce que vous observez, dates et faits, ce qui aidera tous les professionnels ensuite

Si une situation de harcèlement est en cause, aucun travail sur l’anxiété ne suffira. La priorité absolue est de faire cesser ce que l’enfant subit. Un accompagnement individuel, hypnose comprise, ne remplace jamais la protection d’un enfant.

La place de l’hypnose : jamais seule, jamais en premier

Je préfère être franche, même si cela va contre mon intérêt commercial.

Une phobie scolaire installée est une situation sérieuse. Elle demande une prise en charge coordonnée, et l’hypnose n’en est ni la première étape, ni la principale.

Le premier interlocuteur est le médecin traitant ou le pédiatre. Il écarte une cause organique, évalue la gravité, et oriente. Vient ensuite, très souvent, un psychologue ou un pédopsychiatre, qui reste le professionnel de référence pour ce type de trouble. En parallèle, l’équipe éducative doit être associée : un aménagement de scolarité, un temps partiel, un enseignement à distance temporaire sont parfois nécessaires. La Haute Autorité de Santé publie des recommandations sur la santé mentale de l’enfant, et votre médecin saura vous orienter dans ce parcours.

L’hypnose vient après, et à côté. Elle ne remplace ni le suivi médical, ni le suivi psychologique, ni le travail avec l’école. Quand une famille m’appelle pour une phobie scolaire, je demande systématiquement si un médecin a été consulté. Si ce n’est pas le cas, je le dis, et j’attends.

Sur le fond, il faut aussi rester honnête sur ce que l’on sait. Le rapport de l’Inserm publié en 2015, Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose, conclut à un intérêt réel de l’hypnose dans certaines indications, notamment le syndrome de l’intestin irritable et l’accompagnement de l’anesthésie, tout en soulignant que le niveau de preuve reste limité ailleurs, faute d’études suffisamment solides. La phobie scolaire fait partie de ces situations où l’hypnose n’a pas démontré d’efficacité propre. Ce que je constate au cabinet relève de mon expérience de praticienne, pas d’une preuve scientifique, et je ne vous vendrai pas l’inverse.

Ce que l’hypnose peut apporter à un enfant en phobie scolaire

Cela posé, il reste un espace réel, et il est utile.

L’hypnose ne travaille pas sur la cause institutionnelle du problème. Elle travaille sur ce que l’enfant vit dans son corps et dans sa tête au moment où la peur monte.

Avec les enfants, je passe par les histoires, les images, le jeu. Un enfant entre en hypnose très facilement : il vit déjà dans l’imaginaire, il n’a pas les résistances de l’adulte. Ce n’est pas un effort pour lui.

Trois choses, concrètement, peuvent bouger.

Apaiser la réaction physique. L’enfant apprend à reconnaître les premiers signes de la montée d’angoisse, et dispose d’un moyen simple pour la faire redescendre. Une respiration, une image, un geste. C’est un outil qui lui appartient, qu’il emporte partout, et qui ne dépend plus de personne.

Redonner un sentiment de capacité. Un enfant en phobie scolaire finit par se vivre comme incapable. Le travail hypnotique cherche à réinstaller l’expérience du possible, par petites étapes, sans forcer. Cette dimension rejoint ce que je décris à propos de l’anxiété et des études.

Rétablir le sommeil. Beaucoup de ces enfants ne dorment plus. La fatigue amplifie tout. C’est souvent par là que je commence, et le sujet du sommeil mérite un travail à part entière.

Les résultats varient selon les enfants et selon la cause. Je ne peux promettre aucun retour en classe, ni à une date, ni du tout. Ce que je peux faire, c’est aider un enfant à se sentir moins démuni face à ce qui le traverse.

Venir au cabinet, à Bernay

Si vous souhaitez qu’on en parle, appelez-moi avant de prendre rendez-vous. Cinq minutes au téléphone suffisent souvent à voir si l’hypnose a du sens à ce stade, ou s’il vaut mieux commencer ailleurs.

Je reçois les enfants à partir de 4 ou 5 ans, au cabinet, 7 rue Bernard Gombert à Bernay. Un parent est présent au début de la séance, systématiquement. La séance dure une heure. Elle coûte 50 euros pour un enfant de 4 à 12 ans, et 65 euros au-delà de 12 ans.

Si vous voulez savoir précisément à quoi ressemble une séance, le déroulé complet est décrit dans mon article sur comment se passe une séance d’hypnose. Et le détail de mon accompagnement des plus jeunes se trouve sur la page consacrée aux enfants et adolescents.

Une dernière chose, et j’y tiens. Si vous lisez ces lignes un dimanche soir, en écoutant votre enfant pleurer dans la chambre d’à côté : vous n’êtes pas un mauvais parent. Vous cherchez. C’est exactement ce qu’il faut faire.

Questions fréquentes

Mon enfant a mal au ventre tous les matins. Est-ce qu'il invente ? +

Non. La douleur est physiologiquement réelle. L'anxiété déclenche des contractions digestives, des nausées, parfois des vomissements ou de la fièvre légère. L'enfant ne simule pas et ne peut pas arrêter ces symptômes par la volonté. Le fait qu'ils disparaissent le week-end ne prouve aucune comédie : cela indique simplement que le déclencheur est lié à l'école.

L'hypnose peut-elle remplacer un suivi psychologique ? +

Non, jamais, et je ne l'accepterais pas. La phobie scolaire relève d'abord du médecin traitant, souvent d'un psychologue ou d'un pédopsychiatre, et de l'équipe éducative. L'hypnose est un outil complémentaire, qui vient s'ajouter à cet ensemble et jamais s'y substituer. Je demande systématiquement si un suivi médical est engagé.

Combien de séances faut-il pour une phobie scolaire ? +

Je ne peux pas vous l'annoncer à l'avance, et personne ne le peut honnêtement. Pour les enfants, deux à quatre séances suffisent souvent sur des motifs simples. Une phobie scolaire est rarement un motif simple. Le rythme dépend de l'enfant, de la cause, et du reste de la prise en charge. Aucun retour en classe ne peut être promis à une date donnée.

Faut-il en parler à l'établissement scolaire ? +

Oui, et le plus tôt possible. Un refus scolaire peut cacher une situation de harcèlement que l'enfant ne dira pas spontanément. L'équipe éducative, le professeur principal, l'infirmière scolaire ou le médecin scolaire peuvent enquêter, protéger, et parfois aménager la scolarité. Cette démarche compte autant que l'accompagnement individuel.

Combien coûte une séance d'hypnose pour un enfant ? +

La séance dure une heure et coûte 50 euros pour un enfant de 4 à 12 ans, 65 euros au-delà de 12 ans. Un parent est présent au début de la séance. Les séances ont lieu au cabinet, 7 rue Bernard Gombert à Bernay. L'hypnose n'est pas remboursée par l'Assurance maladie, certaines mutuelles participent.

Claudie Duval-Duvivier, hypnothérapeute à Bernay

À propos de l'auteure

Claudie Duval-Duvivier est hypnothérapeute à Bernay, dans l'Eure, depuis 2017. Maitre Praticien en hypnose, formée à sept méthodes complémentaires, elle accompagne enfants, adolescents, adultes et seniors sur les troubles anxieux, le sommeil, les addictions, la confiance en soi et la libération émotionnelle.

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